L’idée d’avoir une routine quotidienne est une question qui me taraude depuis longtemps.

D’un côté, je ne suis pas du tout adepte des règles. D’ailleurs c’est simple, je suis persuadée que si une phrase commence par ‘je dois’, ça diminue de 87% mes chances d’accomplir ce qui va suivre.

Par exemple : ‘je dois faire du sport parce que c’est bien’ = recette infaillible pour se transformer en chips collée dans un pli du canapé (et je demande pardon d’avance à mon futur moi vieux et plein de rhumatismes pour les moments où je n’ai pas réussi à vaincre la chips qui sommeille en moi).

Dans la vidéo ci-dessus, Karen X. Cheng montre comment elle a appris à danser en un an. Elle dit : « Voici mon secret : je me suis entraînée partout. A l’arrêt de bus, en faisant la queue au marché. Au travail, en utilisant ma main droite pour la souris et en m’entraînant à des séquences avec ma main gauche. Vous n’avez pas besoin d’un entraînement hardcore pour devenir danseuse. Mais vous devez avoir envie de pratiquer, et vous avez intérêt à avoir très envie. »

Je suis persuadée que le plaisir est la seule motivation qui vaille sur le long terme et que ‘je fais du sport parce que j’adore la danse/le yoga/l’aikido/le footing’ est la seule façon durable de se motiver (et je félicite mon esprit d’aventure pour tous ces cours de sport à chasser sans relâche le plaisir de se secouer la chips).

D’un autre côté, mes lectures sur le sens de l’organisation et la créativité, comme la vidéo de Karen, pointent toutes dans la même direction : la régularité est la clé pour développer ses talents. Une routine créative vaut mieux que des éclairs de génie et autres coups de collier de dernière minute. Et ça semble très logique.

Le problème, c’est de distinguer les moments où on se ‘force’ pour les bonnes raisons, c’est-à-dire pour réveiller le génie et développer des talents qui vont nous rendre plus épanouies, et les fois où on se force pour de mauvaises raisons, par exemple pour faire plaisir à quelqu’un d’autre, pour avoir l’air crédible, parce qu’on a peur de ne pas être à la hauteur,etc.

Pour vous donner un exemple plus concret, je rêve depuis longtemps d’avoir une maison digne des pages de Marie Claire déco, et je culpabilise régulièrement en voyant flotter de poétiques moutons de poussière dans les coins (avant de les fourrer consciencieusement sous le canapé). J’estime que je devrais avoir une maison propre et bien rangée. Est-ce que ce serait mieux si j’y passais du temps tous les jours ? Sans l’ombre d’un doute. Mais ce n’est pas ma priorité. Et tant que le plaisir de voir ma maison immaculée comme une pub de monsieur Propre ne sera pas assez fort, je vivrais avec mes moutons.

La première attaque de la régularité

La routine

A l’inverse, un projet d’écriture qui me tient à coeur et une Gretchen ont eu raison de ma résistance.

Gretchen Rubin, auteure de The Happiness Project dit (dans un excellent livre que je vous recommande les yeux fermés si vous lisez l’anglais et que vous êtes organisatiophobe) :

‘Je suis écrivain, j’écris tous les jours, même les week-ends, les vacances. En général j’écris plusieurs heures par jour, mais parfois seulement 15 minutes. Et je ne saute jamais une journée.’

Je me suis sentie inspirée. J’avais justement un projet pour les Aventurières : ’30 jours pour quitter son job’, dont vous entendrez parler à la rentrée, qui n’avançait pas. J’avais le plan, le format, tout. Et je n’écrivais pas une ligne.

Pour achever de me convaincre, Gretchen explique que la régularité l’empêche de se mettre la pression : des fois elle écrit moins bien, mais ce n’est pas grave puisqu’elle réécrira demain et le jour d’après etc. Elle dit même que son travail est plus original et de meilleure qualité depuis qu’elle fait ça.

Deuxième attaque et coup de grâce

Le coup de grâce est arrivé directement dans ma boîte mail, sous la forme d’un article de l’excellente Ash Ambirge (dont vous pouvez lire l’interview sur les Aventurières).

Elle expliquait deux choses qui ont fait mouche :

– que refuser de s’organiser pour faire quelque chose tous les jours c’est avoir la trouille. Peur de se confronter à son talent, peur de ne pas être si bonne que ça. Ne pas faire quelque chose régulièrement, c’est se garder une excuse facile pour ne pas faire de son mieux

– qu’avoir une routine lui a permis de prendre des risques et de casser les règles là où c’est vraiment important, pour les bonnes raisons (et pas juste pour fuir la rédaction de son bouquin)

Le test

J’ai donc décidé de tester cette sagesse immémoriale. Depuis un mois, j’écris tous les jours. Je ne suis pas Gretchen, j’ai sauté deux jours, et je ne suis pas Ash, je n’ai pas encore trouvé le rythme divin pour sauter du lit aux premiers rayons de soleil mais voilà, j’ai écrit tous les jours et le résultat est simple : j’ai fini les 30 jours pour quitter son job, j’ai eu des dizaines d’idées de sujets de posts de blog et j’ai retrouvé la motivation pour un projet génial et top secret qui était resté en plan.

Je peux confirmer sans hésiter : on est beaucoup plus créative dans la régularité qu’en attendant que la déesse de l’inspiration se pose sur nos épaules. Et c’est beaucoup plus facile de finir un livre quand on se souvient de ce qu’on a écrit au chapitre précédent parce que c’était hier et pas il y a un mois (qui l’eût cru…). Je peux même ajouter que mon écriture s’est améliorée au fur et à mesure des jours.

Si vous avez un projet qui vous tient à coeur (et pas un projet qui ressemble comme deux gouttes d’eau à une obligation), comme devenir une bonne photographe, dessinatrice, musicienne, communicante, écrivain, etc, et que vous ne vous y mettez qu’une fois tous les 8 du mois, quand la lune est descendante, que les enfants sont couchés et que le vent souffle sud-ouest, ce n’est pas par flemme, ni même par anti conformisme ou manque de temps. C’est parce que vous cherchez une excuse pour ne pas y aller, ou ne pas y aller à fond.

Pour trouver où le génie vous titille, regardez (aussi) ce que vous évitez. Ce que vous avez censuré dans votre vie. Commencez à le faire tous les jours. Et laissez la magie s’opérer.

Photo : Mickael Ryu

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