« C’est déjà assez pourri de ne pas avoir ce qu’on veut. Mais c’est encore pire d’avoir une idée de ce que qu’on veut, et de découvrir à la fin, qu’en fait ce n’est pas ce qu’on voulait. » Alain de Botton, TED talk, 2011

 

Cette semaine, en faisant des recherches, je suis tombée par hasard sur une conférence d’Alain de Botton sur TED. Je vous encourage à aller voir la conférence en entier, elle est géniale. Mais si le temps vous presse, ou que vous préférez lire, voici les choses que vous pouvez en tirer :

1. Il faut arrêter de se battre la courge si on n’atteint pas le succès absolu, parce que ça n’a jamais dépendu que de nous et ça ne dépendra jamais que de nous.

2. Le succès, c’est aussi un sacrifice : pour réussir certaines choses, il faut en abandonner d’autres. Et c’est important de le faire en connaissance de cause.

3. Quitte à sacrifier des choses pour réussir d’autres choses, c’est mieux d’être sûre qu’on le fait pour une version du succès qui est la notre, pas celle qu’on a hérité des parents (au hasard) / des magazines / de nos potes.
A l’heure des résolutions de fin d’année et des fêtes de fin d’année propices aux bilans, revenons sur ces trois points ultra importants pour trouver ce qu’on veut faire des mois à venir.

1. Arrêter de se battre la courge

 

Vous n’êtes pas où vous pensez que vous devriez être (oui il y a beaucoup de verbes dans cette phrase), et vous vous sentez atrocement responsable.

Ca tourne en boucle :

Si je travaillais plus dur, si j’arrivais à me lever plus tôt le matin, si mes parents ne m’avaient pas empêchés, si j’étais moins fainéante, plus créative… Il y a mille raisons de vous jeter la pierre, de voir les choses comme un enchaînement de circonstances où vous êtes à la fois victime et coupable, condamnée à une vie médiocre par votre propre manque de motivation et les circonstances extérieures.

La phrase typique : « J’aimerais écrire un roman, mais je ne m’y mets jamais. J’ai lu 12 livres sur la productivité, l’organisation, j’ai essayé tous les systèmes possibles, mais rien n’y fait : je n’arrive pas à m’y mettre. »

Au fond, on a du mal à accepter une vérité : peu importe le niveau d’effort qu’on y met, le succès et la réussite ne dépendent jamais entièrement de nous. Et l’échec non plus.

Dans une société où l’on passe son temps à nous rabâcher que ‘Tout est possible’ ‘Si on veut, on peut’, ‘L’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt’ etc, on peut se sentir très nulle si on n’est pas déjà à la tête de trois boîtes (dont une revendue pour 130 millions à Amazon), auteure de 5 best-sellers avant l’âge de 40 ans. Et quand je dis 40 ans, c’est pour ne pas dire 35.

Mais nos réussites ne se mesurent pas uniquement à notre CV. Et non, si vous n’avez pas eu ce job ou ce client ou que vous vous sentez un peu à côté de vos pompes professionnellement, ce n’est pas parce que vous êtes un ignoble vermisseau à peine digne de ramper sur la surface de la terre.

Est-ce que c’est déprimant de se dire ça ? Ca voudrait dire que ça ne sert à rien de faire quoi que ce soit puisqu’on ne maîtrise pas l’issue ? Non. Au contraire. Ca veut dire que le plaisir et la réussite ne sont pas forcément dans le résultat, comme on nous l’a laissé croire, mais dans le processus, le chemin, dans les rencontres.

Prenons l’exemple de l’écriture d’un roman. Qui est la plus épanouie ? Celle qui a écrit un livre qui n’est pas édité, mais qui a adoré chaque instant où elle s’est posée devant son ordinateur pour découvrir et créer la suite de son histoire ? Ou celle qui a pondu un best-seller dans la souffrance (et en plus découvre qu’elle déteste faire la promotion de son livre, le marketing, les autographes, les gens).

On a été éduquées à confondre succès et résultats, alors qu’on passe la plus grande partie de notre temps dans le processus, et que la notion de résultat est un trompe-l-oeil. C’est un peu comme si on n’appréciait la qualité d’un repas qu’au niveau de remplissage de notre estomac. Un passage chez Mc Do pourrait vous convaincre que ce n’est pas un critère très sage.

2. Le succès, c’est aussi un sacrifice

 

Pour réussir certaines choses, il faut en abandonner d’autres. Au moins provisoirement. Autant le faire en connaissance de cause.

Un autre mythe que nous cultivons volontiers (pour nous battre la courgette) c’est : on peut tout avoir à condition de bien s’y prendre.

Comment ? Tu n’arrives pas à caser tes 5 heures de cardio, deux heures de yoga hebdo à côté de ton travail, tes amis et ta famille ?
Tu ne médites pas 10 heures par semaine ?
Tu ne pratiques pas une forme d’art tous les jours ?
Tu n’as pas lu un livre par semaine ?

Stop.

On ne peut pas tout faire. Surtout pas tout en même temps. On peut se mettre la pression autant qu’on veut, essayer de se lever à 5 heures du matin plutôt que 6 pour caser une heure de plus et faire, faire, faire toujours plus de choses. La vérité, c’est qu’on aura jamais le temps pour tout.

Mais on peut avoir le temps pour ce qui est vraiment important à nos yeux. Prendre la décision consciente de mettre la priorité sur ce qui compte pour nous. Et dégager le reste. Sans s’excuser, sans demander la permission.

Être là, faire le boulot qui nous importe. Et décider que c’est ça, notre version du succès. En parlant de ça…

 

3. Quelle version du succès ?

 

Ce dernier point, c’est une expérience que partagent beaucoup d’Aventurières : on fait des études, on arrive à un bon poste, et puis un matin, on se réveille, au sommet de la fameuse ‘échelle’ imaginaire… et on s’ennuie. Ca peut paraître capricieux comme formulation ‘s’ennuyer’. Mais on ne parle pas d’un ennui classique, comme celui qui vous permet de battre les high scores de Candy Crush dans la salle d’attente du médecin.

On parle d’un ennui plus fondamental. D’un ennui stressant, qui ne vous lâche pas jusqu’à ce que vous ayez pris les rênes pour changer de direction. Un ennui qui vous répète, tous les jours : ‘Je ne veux pas être là’.

Le souci, c’est ce qu’on a vu au dessus : on se sent fondamentalement responsables de notre malheur : si j’en suis là c’est de ma faute. Et en même temps, le logiciel d’analyse de base est biaisé : difficile d’avoir sa propre version du succès quand on est bombardées d’images de ‘succès’ préfabriquées. Sans parler de l’image de succès qu’on a héritée de notre famille. Parfois clairement énoncée ‘Tu seras avocate, ma fille’, parfois plus insidieuse : ‘Je suis sûre que mes parents auraient honte de moi s’ils voyaient ça’.
Finalement la seule variante du succès ou de l’échec sur laquelle nous sommes capables d’agir, c’est notre état d’esprit. Pour les fêtes, ne vous laissez pas entraîner dans des conversations culpabilisantes et autres arguments sans fin : à qui avez-vous l’impression de demander la permission avant de faire ce que vous voulez ? A quoi ressemble pour vous une journée réussie ? Qu’est-ce qui est important pour vous ?

 

Vous en voulez encore ? 

Morgane a écrit un article génial sous forme de coming out. Ca s’appelle ‘J’ai un aveu à vous faire’

Lyv a publié un article sur la procrastination et comment elle est tombée d’accord avec elle-même sur sa façon de bosser.

 

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