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Cet article est issu d’un discours que j’ai donné pour Mix-IT, une conférence de geeks trop chouettes où on parlait Java (c’est un langage informatique), méthode agile, et plumes de manchots. Merci à toute l’organisation de m’avoir proposé d’y participer, en particulier à Séb pour sa confiance et Agnès pour son énergie inspirante. Et Cyril pour son art du powerpoint sobre. 

Je travaille avec des gens qui se reconvertissent. Les Aventurières, c’est une communauté de filles, et quelques garçons, qui veulent trouver, ou créer le job de leurs rêves.

Quand on veut réaliser ses rêves, il y a deux étapes :

  1. Il faut savoir où on veut aller
  2.  Il faut y aller.

Il n’y a aucune de ces étapes qui nécessite la confiance en soi. C’est même l’inverse. Pour casser la routine et trouver ce qui nous plaît vraiment, il faut plonger dans une zone d’incertitude.

Toutes les choses géniales que vous allez accomplir impliquent de faire un saut dans l’inconnu.

Et l’inconnu, c’est extrêmement inconfortable.

Souvent les gens attendent d’être une autre personne, parce qu’ils n’ont pas assez : d’argent, d’expérience, de temps, ou ils ne sont pas assez : intelligents, extravertis, experts, etc.

On se dit « quand je serai riche, quand j’aurais plus d’expérience, je pourrais faire ce que je veux. »

Mais cette façon de penser est montée à l’envers : on n’est jamais la bonne personne pour réaliser ses rêves. Ce sont eux qui nous font devenir cette personne.

Prenons un exemple concret : je ne suis pas la bonne personne pour être sur cette scène. D’abord je n’ai jamais parlé devant autant de monde, je n’ai pas de background technique, je suis sans doute trop jeune, et je n’ai clairement pas assez dormi.

Mais quand j’ai créé les Aventurières, je me suis dit que je voulais encourager les gens à se créer un job qui leur ressemble, et quand on m’a proposé de partager un message avec des centaines de personnes d’un coup, je ne pouvais pas dire non.

Je ne suis pas la bonne personne pour faire ça, et pourtant, je suis devenue quelqu’un qui a parlé devant des centaines de personnes il y a quelques minutes, quand je suis montée sur cette scène – et que j’ai réussi à ne pas m’évanouir.

Je n’avais pas confiance cette fois, mais je vous laisse imaginer la première fois…

La première fois que j’ai du parler devant pas mal de personnes, dans une conférence officielle et tout, j’étais stressée comme un pou. J’intervenais dans un programme rempli de gens qui avaient l’air de vachement s’y connaître, devant un public qui voulaient monter sa boîte, et moi j’avais créé les Aventurières depuis quelques mois et je me disais ‘mais qu’est-ce que je peux leur apporter?’. J’ai préparé mon intervention, je suis allée à l’autre bout de Lyon pour la faire. Je m’étais mis sur mon 31, je me suis dit si je me vautre sur scène ou que je me mets à bégayer, au moins je serai bien sapée.

Je suis arrivée sur place, j’ai demandé mon badge. On me le donne, j’attends au milieu de tous les gens qui ont déjà leur badge ou attendent, je commence déjà à me dire que je suis arrivée trop tôt, je suis à deux doigts de faire un calembour pourri pour détendre l’atmosphère. La femme qui venait de me donner mon badge me tape sur l’épaule. Je me retourne et je tente un sourire gentil, elle a l’air toute gênée. Dans un coin de ma tête je me dis ‘peut-être c’est une lectrice des Aventurières, elle veut me dire qu’elle adore ? : « Votre robe est coincée dans votre sac ».

Ce n’était pas du tout une fan, elle voulait juste me dire que j’avais la culotte aux 4 vents depuis 10 minutes.

Ce jour là m’a pas mal destressée : je venais de me pointer la culotte à l’air, je voyais pas très bien comment aggraver mon cas sur scène. Au pire j’aurais marqué les esprits comme ‘la fille qui avait la culotte à l’air’ au lieu de les marquer pas mon incroyable présence sur scène.

Si je vous raconte ça, c’est parce que je veux être sûre que vous reteniez une chose : votre confiance en vous ne vous emmène nulle part. Elle n’est pas là quand vous vous pointez pour passer le concours de votre vie, elle n’est pas là quand vous arrivez la culotte à l’air alors que vous devez avoir l’air crédible pendant une conférence, elle ne vous montre pas la direction qui vous convient.

En fait, la confiance en vous vous montre uniquement le passé.

Si on y réfléchit, il y a plein de moments où on a confiance en nous, parce qu’on fait les choses de façon automatique. Qu’on est en territoire connu. Je prends les transports, et j’ai confiance en moi quand il s’agit de trouver le chemin et d’arriver jusqu’ici. Je suis restée quelques années dans des jobs que je pouvais faire plus ou moins les yeux fermés, parce que je savais exactement ce qu’on attendait de moi et comment le fournir. J’avais confiance. Je me faisais chier. J’étais loin d’être géniale.

Quand on tente quelque chose de nouveau, on n’a pas confiance. On a la trouille. Ou parfois on est hyper curieuse, et excitée à l’idée d’essayer. Souvent un subtil mélange des deux.

Je ne suis pas arrivée à l’entrepreneuriat parce que j’avais confiance dans ma capacité à gérer le risque, les incertitudes et les difficultés. Je ne suis pas arrivée à l’entrepreneuriat parce que j’avais une idée de génie qui devait absolument sortir de moi.

Je ne me suis pas réveillée un matin avec une envie irrépressible de créer un truc génial.

Si je suis complètement honnête, je suis arrivée à l’entrepreneuriat parce que j’étouffais dans le salariat. J’ai été obligée de me créer un job sur mesure parce que j’avais perdu espoir d’en trouver un qui m’aille vraiment.

Au lieu de me demander ce que je savais déjà faire, et de replonger dans des boulots similaires, j’ai changé de focus. Je me suis concentrée sur mes valeurs : comment j’avais envie de contribuer ? Comment j’avais envie de vivre ? Qu’est-ce que j’avais envie de créer qui me semblait utile et important ?

Les valeurs, c’est ce qui te permet de réévaluer ce que tu fais en permanence, et de réajuster le tir. C’est une boussole. La confiance, c’est une pioche. C’est ce qui te fait creuser, mais toujours dans le même carré.

Le paradoxe, c’est que sortir de ses habitudes, se secouer un peu, faire des choses inattendues, se demander ce qu’on a envie de faire et le faire, ça donne confiance. La confiance d’aller plus loin et de prendre de nouveaux risques qui auraient carrément été inimaginables à l’étape précédente.

La confiance, c’est un résultat, pas un pré-requis.

A l’inverse, tu sais ce qui donne confiance ? Faire comme tout le monde. Ne pas suivre son instinct, et rester dans les sentiers battus. D’ailleurs j’ai une preuve.

Quand les gens annoncent à leur entourage qu’ils se reconvertissent, ils ont droit à deux types de réaction :

– l’enthousiasme débridé

– la crise de panique par procuration

Les gens peuvent être extrêmement déstabilisés par ceux qui veulent changer de vie. Ça leur rebrousse le poil parce qu’ils n’ont pas envie de se poser la question pour eux. Ils sont souvent beaucoup plus inquiets que la personne qui est sur le point de changer de vie.

Du coup, pour faire ce saut dans l’inconnu, les gens attendent d’avoir LE truc pour se justifier aux yeux de leur entourage : une vocation venue tout droit de l’enfance, une idée de génie. Ils cherchent cette fameuse confiance dans le regard des autres.

Et ça ne marche pas non plus.

Les fées ont peut être oublié votre berceau. Peut-être que vous n’avez pas de vocation. Pas de talent inné et soigneusement caché, pas de vie d’artiste torturé gâchée par votre cousin Arnaud, qui, à l’âge de 7 ans, avait décrété que vos splendides oeuvres en peinture à l’eau étaient ‘moches’.

Ce n’est pas grave. Vous n’avez pas besoin d’une vocation, vous n’avez même pas besoin d’une idée géniale.

Vous avez besoin d’une autorisation officielle pour vous planter. Autorisez-vous à ne pas avoir raison. C’est important. Si vous ne vous plantez jamais c’est que vous n’essayez jamais vraiment.

Au moment de me lancer, si je m’étais demandé « Est-ce que j’ai confiance d’y arriver ? » La réponse aurait été un NON bien affirmé, sans hésitation et sans ronds de jambes. A l’époque j’étais 80% trouillarde, 20% Aventurière.

Pourquoi le faire sans avoir confiance ? Parce que j’avais envie. Parce que je me demandais ce que ça pourrait donner, d’être libre, et de créer mon travail sur mesure. Parce que je préférais un inconnu plein de possibilités plutôt que ce qui était possible si je ne changeais rien.

Avoir confiance n’a jamais été la garantie du succès de toutes façons.

Comme la confiance ne me menait nulle part, j’ai fait l’inverse, j’ai regardé ce qui me faisait peur. Il faut souvent aller vers nos peurs pour trouver des pépites. Elles donnent la direction dans laquelle on a besoin d’aller explorer. Justement parce que c’est la limite du confort.

Je comprends, il y a un truc pas très motivant là dedans : vivre dans la peur, sans arrêt, c’est pas exactement la définition de l’éclate. C’est là qu’intervient la méthode.

La méthode c’est : étape 1, choisir quelque chose qui vous plaît vraiment, qui vous rend hyper curieux, qui vous donne envie d’apprendre. Peu importe si vous êtes nulles pour le moment. Etape 2 : trouver une petite façon de le faire. Pas besoin de construire un paquebot, commencez par un bateau en origami, histoire de voir si ça flotte.

Si vous voulez commencer la photo mais que vous n’avez pas les sous ou le temps pour un appareil photo pro, commencez par un compte Instagram et des photos avec votre téléphone portable, vous apprendrez déjà le cadrage et les couleurs.

Voilà c’est tout. Je n’ai pas dit que vous alliez devenir multi millionnaire avec ça. Je n’ai même pas dit que vous alliez vivre de votre passion en faisant ça. Mais vous allez sortir du pilote automatique et commencer à poser les bonnes questions.

Il y a un truc, là, maintenant, seul vous savez ce que c’est, que vous ne faites pas parce que vous n’avez pas confiance en vous. Parce que vous avez peur que ça rate, d’être ridicule, qu’on se moque de vous, ou simplement d’avoir tort.

Faites-le. Allez-y et faites le. Pas parce que c’est votre devoir, pas parce que c’est une idée de génie, pas parce que vous savez le faire. Juste pour vous.

Au pire, vous montez sur scène et tout le monde a vu votre culotte. On peut s’en remettre. Des gens inconscients peuvent même vous réinviter à faire une conférence avec encore plus de monde.

Allez montrer votre culotte au monde.

 

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