C’est un immense plaisir pour moi de vous présenter cette interview avec Aurélie Gerlach. D’abord parce que j’ai dévoré et adoré ses deux romans, et encore plus d’abord parce que c’est une de mes amies les plus proches. Ensuite, beaucoup d’Aventurières aimeraient écrire un roman, mais n’arrivent pas à trouver le temps, ou à se lancer. Parfois la petite voix ‘non mais tu te prends pour qui, tu n’écriras jamais aussi bien que…..’ prend le dessus’. Aurélie était la personne évidente pour répondre à ces interrogations. D’abord, elle ne trouve pas son inspiration dans la profondeur d’un marais mais dans le quotidien de son boulot, ensuite parce qu’elle est aussi généreuse dans ses réponses que dans la vie. Si vous n’êtes pas prête à jeter vos excuses à la cheminée (c’est de saison) et prendre votre clavier/plume/tablette de cire pour écrire votre premier roman, ne lisez pas ce qui suit. Risque d’inspiration suprême imminent.

 

Quand as-tu commencé à écrire ? Est-ce que tu fais partie de celles qui ont dès le plus jeune âge, commencé à pratiquer leur art, écrivant à la seconde où elles avaient commencé à lire ?

 

J’ai commencé à écrire assez tôt, vers l’âge de 7-8 ans. A l’époque écrire un livre voulait surtout dire imaginer et dessiner la couverture, puis remplir les pages. J’ai donc créé beaucoup plus de couvertures que d’histoires. Et puis, ado, j’ai écrit deux romans complets : le premier parce que c’était obligatoire, pendant un de mes cours de français, le deuxième était un roman d’amour, une oeuvre désormais perdue sur une collégienne qui arrive dans une nouvelle ville et rencontre Nathaniel, un garçon, dont elle tombe amoureuse. Ca s’appelait ‘la fille sur le guidon’.

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Et après ça, plus de romans jusqu’à Lola ?

Après il y a eu beaucoup de débuts mais pas de roman complet. J’ai tenu un journal de bord pour ma famille pendant mon année d’étude au Japon, que mon grand-père a compilé en un livre, mais je n’ai pas écrit de roman en tant que tel jusqu’à l’histoire de Lola pour le concours du premier roman organisé par Bouygues Télécom.

 

Le concours, c’était pour te motiver à finir ?

 

Oui, le concours a été une bonne motivation pour arrêter de laisser les romans en plan. J’ai commencé deux mois avant la deadline, c’était court mais je pense que c’était le bon moment. Je me suis fixé un objectif de 10.000 signes par jour, espaces compris. Ca m’a beaucoup aidé d’avoir un objectif chiffré. Ca m’a empêché d’être trop perfectionniste. Beaucoup des romans que j’avais commencé n’ont pas été finis parce que je me comparais avec des grands de la littérature, du coup ce n’était jamais assez bien. Pour Lola, j’ai fini une semaine avant la deadline, j’ai relu rapidement et j’ai envoyé tel quel, bourré de fautes d’orthographe.

 

Et tu as été sélectionnée parmi les finalistes. Est-ce que ça t’a aidé pour les romans suivants à être moins perfectionniste?

 

En fait je pense que souvent, quand on écrit, on se fixe des objectifs démesurés, on veut tout de suite comparer à des chefs d’oeuvre, et on oublie de s’amuser. Même ‘progresser’ n’est pas le plus important. Le plus important c’est d’écrire ce qui nous ressemble et de se faire plaisir. J’écris parce que j’ai envie de vibrer avec les personnages. Beaucoup d’ados que je rencontre écrivent ce qu’ils aimeraient vivre. Bien sûr, l’écriture n’est pas encore mature mais ils se font plaisir et ça c’est vraiment le plus important. Pas de viser le grand oeuvre.

 

Ton conseil numéro 1 aux aspirants écrivain-es ce serait donc de se faire plaisir.

 

Oui, d’autant que faire un roman, c’est beaucoup de boulot, il ne faut pas l’oublier. On a déjà un travail, des responsabilités, les papiers, l’assurance, le quotidien, etc. Quand on écrit sur son temps libre, il faut avant tout que ça soit un plaisir.

 

Où trouves-tu tes idées ?

 

Déjà, je ne les trouve pas quand je décide. J’ai déjà essayé de me mettre sur une feuille blanche pour trouver des idées géniales, ça a toujours été un échec. Quelque part, les idées ‘tombent du ciel’. Mais on peut créer un environnement favorable. Par exemple, pour Lola, j’avais envie d’écrire sur le Japon, un pays que je connais bien, où j’ai vécu. Je n’avais même pas de plan, j’ai découvert l’histoire au fur et à mesure que je l’écrivais. C’est pour ça que les romans sont magiques : on peut utiliser tout ce qui nous passionne. Si vous avez une passion, ça peut être intégré dans votre roman d’une façon ou d’une autre, et c’est ce qui le rend personnel. Aucune passion n’est à jeter. Tout peut devenir un élément plus ou moins central de votre roman.

Je discute aussi pas mal avec quelques personnes, notamment mon copain, et ma mère. Souvent, ils me donnent des idées qui ne vont pas du tout dans le sens que je veux, mais je vais quand même en extraire un élément qui relance mon histoire. Je pense qu’il faut sélectionner les gens qu’on sollicite pour des idées : qu’ils aient le même univers, et qu’ils soient un minimum sur la même longueur d’onde pour vous nourrir de choses intéressantes pour vous.

 

Est-ce que tu as su tout de suite que Lola était un bon roman ?

 

Quand j’ai fini le premier jet, je l’ai trouvé pas mal tout de suite. Pas parfait, mais pas mal. Par contre pour le deuxième et troisième roman ça a été plus difficile, parce que j’ai eu le nez dedans plus longtemps, ça m’a laissé le temps de bosser mais aussi d’avoir des doutes et de me questionner.

 

Pour ton dernier roman, tu as pris un congé sabbatique de 7 mois pour écrire. Comment ça s’est passé ?

 

J’avais un projet de roman qui avait été accepté par l’éditrice sur synopsis. Mais à ce moment là je passais beaucoup de temps dans les transports et je n’avais pas assez de temps pour écrire. J’ai négocié avec mon entreprise de prendre un congé de 7 mois sans solde à l’issue desquels je pouvais réccupérer mon poste. J’ai continué à avoir des activités de freelances pendant les 7 mois, donc je n’étais pas à 100% sur le roman mais presque. Ca a été une expérience intense. J’avais un contrat moral avec moi-même de livrer un manuscrit à mon éditrice à l’issue du congé sabbatique, que j’ai tenu, mais je n’avais pas envie de continuer l’expérience après. Je manquais de vie sociale, d’interactions pour nourrir mes idées. On ne dira jamais assez l’importance de la pause café. En plus, comme je n’avais ‘que’ ça à faire, j’ai eu plus de mal à être spontanée dans l’écriture.

 

Un dernier conseil pour ceux qui voudraient sauter le pas et écrire leur premier roman ?

 

Faites vous plaisir. Fixez-vous des impératifs de production : en nombre de mots, de caractères, ou en temps par jour. Ca permet d’éviter le perfectionnisme et de ne pas attendre les éclairs de génie. Vous devez écrire x caractères par jour. Point. Ca permet d’être régulier, de rester immergé dans son histoire. Et même si c’est imparfait, envoyez-le à un éditeur si vous voulez être publié. Les éditeurs ne cherchent pas la perfection, ils sont capables de repérer le potentiel d’une histoire. Et amusez-vous, c’est la meilleure motivation pour aller au bout.

 

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