Bienvenue à Aurélie Gerlach, la première à habiter le site pour la semaine ‘7 jours 7 Aventurières’. Elle parle de révolution intérieure, de varans de komodo et de changer sa vie par petits pas.

 

L’aventure peut prendre différentes formes. Il est des gens qui plaquent tout pour parcourir le Sahara à dos de chameau. Certains qui reprennent leurs études pour devenir horticulteur. D’autres décident de se mettre à leur compte pour ouvrir une boutique de jeux vidéo, une franchise Casino, une start-up spécialisée dans les nouvelles technologies… Certains fondent une famille ou déménagent dans le Vercors après 15 ans passés à Paris, et vice-versa.

Il est des gens pour qui l’aventure démarre sans tambours ni trompettes. Sans révolution. Sans saut dans le vide.

Mon aventure à moi ferait bien ricaner Indiana Jones, Lara Croft et autres Allan Quatermain. Pas de boa constrictor en vue. Pas de tribus cannibales. Point d’arche perdue à déterrer d’entre le sable et les crotales. La dernière fois que j’ai croisé une momie, c’était à un bal costumé, et lui tirer dessus avec un Uzi aurait été très mal vu.

Bref, plutôt que de risquer de me faire mordre le pied par un varan de komodo (et de mourir de la gangrène) j’ai commencé petit : je me suis posée derrière mon ordinateur avec un gros mug de café au lait, emmitouflée dans une couette, et j’ai commencé à écrire un roman. Avec la détermination d’aller jusqu’au bout au lieu de m’arrêter au bout de quatre pages et demi. Quiconque a déjà tenté le coup connaît la chanson : on se lance, plein d’enthousiasme, armé d’une idée de génie qui doit vous permettre d’écrire le roman du siècle.

Deux heures plus tard, à la relecture, c’est la déconvenue : « Oh mon Dieu mais çaynul ! Je n’y arriverai jamais ! Autant retourner illico-presto mater la saison 38 de Mad Men ! » Seulement, pour une fois, j’ai décidé que la vilaine petite voix ne m’arrêterait pas. Nulle ou pas, cette histoire aurait un point final, quitte à garder le gros de la relecture pour la fin. Ma priorité number one est devenue la suivante : sortir Lola (mon héroïne écervelée) de la panade. Et c’est donc ce que je me suis attelée à faire, trois heures par soir pendant deux mois, sans me laisser le temps de me poser de questions.

Bien m’en a pris, puisque cinq ans plus tard, j’ai publié trois romans, dans la maison d’édition de mes rêves, à laquelle j’ai envoyé mon premier manuscrit sans trop y croire.

Ma vie a un peu changé, bien-sûr, mais pas tant que cela.

Je suis toujours salariée à plein temps dans une entreprise, car le métier d’auteur nourrit rarement son homme (sa femme, dans mon cas). Je suis une aventurière salariée, sagement assise à son poste tous les matins de tous les jours de la semaine, et qui répond à tout plein de mails. J’écris sur mon temps libre. Cela changera peut-être un jour, je ne sais pas. On verra bien. De cette expérience, j’ai tiré une petite philosophie.

Attention, sous vos yeux ébahis, des mots d’une sagesse infinie vont jaillir : « Une aventure, c’est une série de petits pas, posés les uns à la suite des autres. Pas besoin de tout foutre en l’air si on ne s’en sent pas (encore ?) capable. »

J’ai envie, puisque (la divine) Laure des Aventurières, me prête généreusement son blog (hihi merci à toi d’y prêter ta sagesse immémoriale), de vanter les mérites de la mini-révolution. Celle qui commence tout simplement par se donner l’autorisation de faire ce que l’on aime et d’y accorder un peu de temps. Fuck le résultat… On verra bien ce que cela donne. Et cela n’est pas valable que pour l’écriture : lancement d’une association, d’une entreprise, d’une activité artistique, d’un blog thématique…

Ce sont parfois les premiers pas les plus difficiles.

Et je le dis en connaissance de cause, n’étant pas un monstre de confiance en moi… tout comme un bon paquet de gens que j’ai vu se lancer à fond dans leur passion, et réussir. C’est à ce moment-là qu’intervient mon contradicteur interne : « Ouais, c’est bon arrête de te la jouer, en mode ‘gnagnagna c’est formidable, j’ai écrit un bouquin et il a été publié’. C’est pas parce que toi t’as réussi, que ça va être le cas de tout le monde. Il ne suffit juste pas de décider de s’y mettre pour que pif pouf, tout fonctionne comme on le veut ! »

Et c’est là que je réponds :

« Merci de votre contribution, cher contradicteur interne ! Vous marquez indéniablement un point. » Rien ne garantit jamais le succès, mais au risque de lancer un bon gros poncif bien dodu, je réponds tout de même ceci : l’inaction garantit que rien ne se passera jamais. Et surtout, un succès ne marque jamais la fin de l’aventure… au contraire, c’est le début de l’aventure suivante, avec ses élans d’enthousiasme, mais aussi ses doutes et ses possibilités de réussite ou d’échec.

Jamais fini

Une entrepreneuse n’aura jamais fini de faire des paris pour développer son entreprise et proposer de nouveaux services/produits, la présidente d’une association caritative n’aura jamais fini de lutter pour la cause qu’elle défend. Quant à moi, je n’aurai jamais fini de tout donner pour écrire de nouveaux livres, avec le risque qu’ils ne soient plus assez bons pour être édités, que l’inspiration ne soit plus au rendez-vous, que je n’arrive pas à surmonter mes doutes ou que les lecteurs les trouvent tout pourris.

 

Confortablement installée avec mon mug de café au lait, je continue donc cette aventure. Toujours pas très dégourdie. Toujours persuadée un jour sur deux que je suis en train de faire n’importe quoi. Mais à présent, n’importe quoi ou pas, je le fais quand même. Un petit pas après l’autre, et je chéris le jour où j’ai réussi à faire le tout premier.

Plus d’Aurélie ?

Photo Aurélie Née à Paris en 1984, Aurélie Gerlach est diplômée de Sciences Po Paris. Passionnée par le Japon depuis l’adolescence, elle a étudié pendant un an à l’université Waseda à Tôkyô, et depuis, retourne régulièrement au Pays du Soleil levant parce qu’elle est droguée à leur café froid en canette. Détail honteux: sa maîtrise du japonais laisse toujours beaucoup à désirer… Journaliste en région parisienne, elle tient notamment une chronique récurrente dans le magazine « Japan Lifestyle » où elle raconte les aventures d’une blonde au Japon. Le reste de son temps, Aurélie le consacre à son groupe de rock, Babooszchka, et à peindre des toiles abstraites fluos.

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