Oh oh mais qu’est-ce que c’est que ça ? Mais c’est la version audio de l’article ! J’avais envie de faire un test, dites moi ce que ça vous inspire dans les commentaires si vous en voulez d’autres (ou si vous n’en voulez surtout pas :D)

Est-ce que l’idée de voyager seule te paralyse un peu ? Rien que d’y penser, tu as environ douze ou deux mille excuses hyper raisonnables : ça n’est pas une bonne idée, pas le bon moment, quel dommage, le voyage ça se partage et puis de toutes façons mon mec serait hyper vexé et mes enfants qu’est-ce que j’en fais, puis de toutes façons je me ferais chier, je vais quand même pas claquer un budget vacances pour m’ennuyer ?

Ma délicieuse amie, ça s’appelle : la peur. Et si tu as envie de la dépasser pour tenter cette aventure de partir toute seule, de découvrir un endroit 100% à ton rythme, sans avoir à gérer, culpabiliser, anticiper ou arrondir les angles de qui que ce soit, j’ai une bonne nouvelle pour toi : même les petites boules de poil stressées peuvent y arriver, et c’est même une des rares choses que je recommanderais à tout le monde sans hésiter.

Pourquoi s’infliger ça ? Les délicieuses tortures du voyage en solo

La première fois que je suis partie vraiment seule*, en vacances, j’avais fait fort : deux semaines à Taïwan avec deux fois 24h de transit à Beijing « Ce sera chouette de visiter Pékin en route » me disais-je dans un moment d’égarement complètement inconscient. Passer de « je ne suis jamais partie seule » à  15 jours en Asie, sans passer par la case « weekend dans une capitale européenne », ça paraissait une super bonne idée, sur le coup. Et puis c’était facile, parce que j’allais être logée par une copine qui vivait à Taïwan, même si elle travaillait la journée, tout allait être parfait.

Vu la taille du voyage, j’avais pris mes billets 5 mois avant, et du coup, je baignais dans la joie, je m’imaginais en Aventurière de l’espace, j’apprenais des bases de chinois en prenant le rer, tout roulait parfaitement.

Et puis la date du voyage s’approche et ma pote m’appelle : finalement elle ne pourra pas me loger, et elle aura des exams donc on ne pourra pas se voir tous les jours, mais elle fera tout ce qu’elle peut, et elle m’envoie une liste d’auberges de jeunesse sympas pour me loger pas cher.

TUDUM TUDUM. Ok, mini panique à bord, mais ça va, je me dis que l’Aventure sera encore plus chouette comme ça, même si je commence à être légèrement flippée.

Deuxième accroc : à Beijing, je m’étais trouvée des potes de potes qui habitaient sur place et pouvait me loger pour ma nuit, et aussi m’aider à me débrouiller, histoire de faire des choses pendant les 24h x 2, et de ne pas juste errer dans la zone de transit de l’aéroport. Ils m’appellent : ils viennent de se séparer, c’est pas la fête, mais comme on est à 15 jours du départ, le mec se propose de me loger quand même si je veux (pour l’épilogue il m’a logé, c’était génial, on s’est super bien entendus et puis à mon retour il a… chopé la grippe aviaire, je me suis donc retrouvée à traverser la ville de nuit pour aller dormir sur le canapé d’un nouveau parfait inconnu pas forcément ravi de me voir débarquer après 36 heures sans douche…).

Et là c’est parti pour la panique en bonne et dûe forme. A partir de ce jour là, je m’endors tous. Les. Soirs en pleurant et en me demandant à quel moment j’ai pu croire que c’était une bonne idée de partir toute seule au bout du monde dans un endroit dont je ne parle pas la langue. La rationnalité ayant quitté pour toujours mon cerveau, je commence même à appeler tous mes potes, et nous avons de passionnantes conversations ultra rationnelles comme :

– Aurélie, viens avec moi à Taïwan.

– Quoi ?

– Je pars dans 15 jours je me chie dessus, je te paye le billet viens avec moi (de toutes façons cette option était impossible puisque A. Je n’avais pas vraiment les moyens B. Il faut un visa pour les petites incursions de 24h que je voulais faire à Beijing)

– Ça va bien se passer détends toi.

– Mais non ça va pas bien se passer je suis complètement conne qu’est-ce qui m’a pris de faire ça *fonds en larmes*.

– Laure, tu as pris ce billet parce que tu avais envie, et ça va très bien se passer.

– Snirfl… Ok, merci.

– Bisous ma petite caille.

– Snirfl…

Je vous la fais courte, évidemment le voyage s’est incroyablement bien passé, j’ai kiffé, j’en ai profité pour me mettre à mon rythme, profiter d’avoir 0 pression pour quoi que ce soit, et découvrir ce que j’aimais vraiment faire, moi, quand je n’avais besoin de faire plaisir ou d’accommoder les goûts de personne.

Et puis quelques années plus tard, j’ai décidé de partir en Corée, toute seule en partie, et logée pour une autre partie… et ça a été le même cinéma, mais un peu moins violent quand même. Tout ça pour te dire : si si, ça s’améliore avec le temps.

*Pour être précise, la vraie vraie première fois de ma vie d’adulte, c’était pour mon stage à l’étranger à la fac, mais le côté obligatoire du truc enlève beaucoup de stress : bizarrement quand on voyage pour le taf, ou pour des raisons « obligatoires », on a beau avoir la trouille, on se dit qu’on n’a pas le choix, que c’est vraiment horrib’ mais bon c’est le travail, et on le fait. Ici je parle de voyage en solo qu’on fait volontairement.

Qui tu es quand personne ne regarde ?

Finalement, le grand cadeau du voyage en solo, c’est de constater ce qui se passe quand on n’attend rien de toi. Un des trucs que j’ai réalisé en voyageant seule, c’est à quel point je n’avais pas l’habitude de faire ce que je veux et de vivre à mon rythme.

Et plus que ça, je me suis rendue compte que même si je n’en avais pas envie, je voyageais parfois comme une to-do list. Je voyageais pour raconter ce que j’avais fait. Pour faire des « expériences » comme certains cherchent les clichés parfaits pour leur fil instagram au lieu de profiter de ce qu’ils ont sous le nez. Je pouvais me sentir coupable, par moments, de ne pas en faire « assez ».

Et puis à un moment, j’ai lâché. J’ai arrêté de « faire des choses » et je suis partie explorer, au hasard, et profiter de la vie sur place. J’ai fait des rencontres, j’ai mangé seule, je me suis ennuyée parfois, et puis j’ai fait des photos, je me suis prise pour Indiana Jane, pour de bon. J’ai visité le rocher du lever de soleil à 15h parce que bon, le lever du soleil, c’est pas trop mon heure de prédilection. Et c’était grandiosement banal.

La beauté du quotidien

Plus récemment, je viens de prendre 5 jours en solo, pas loin, à Barcelone. Et j’ai adoré ce que j’ai fait et ce que je n’ai pas fait. J’ai mangé des trucs dégueu parce que j’allais au hasard, j’ai visité des beautés incontournables que j’ai trouvées super ennuyeuses, et j’ai passé le meilleur moment de mon séjour toute seule, dans un coin de parc qui n’avait absolument rien de spécial, à écrire de la poésie pas bien brillante et à peindre des mots sur mon cahier.

J’ai aussi passé une journée entière à me culpabiliser de ne pas être en train de parcourir et découvrir les beautés de la ville… parce que j’avais envie de calme, de thé, et d’un bon livre. Et j’ai choisi le calme, le thé et le bon livre malgré la pointe de culpabilité.

J’ai accepté rapidement que ce que j’aime dans une ville, c’est faire comme si j’y vivais, mais avec l’émerveillement des premières fois : aller dans un petit café qui n’a rien de spécial, mais aussi tomber en pâmoison devant un hôtel particulier sublime. Faire ce que je pourrais faire chez moi, mais que je ne prends jamais le temps de faire. Apprécier les différences subtiles dans la façon dont les gens se parlent, se touchent, se côtoient.

L’inspiration

Ce n’est pas du garanti, et ce n’était même pas le but mais en 5 jours j’ai trouvé l’inspiration et l’ambition pour des mois. J’ai eu une idée de roman qui m’a habitée et fait parler toute seule dans les rues comme une folle (rien à battre) pendant toute une journée. A l’aéroport, tous les détails de mon prochain programme d’accompagnement me sont apparus. J’ai enfin pris le temps de lire deux livres qui trainaient et j’ai décidé de bloquer un après-midi par semaine pour me poser dans des cafés mignons et lire des livres à mon retour.

J’ai eu un plaisir fou à avoir un téléphone muet : pas d’appels, quasi pas de sms, et pas d’internet sauf quand je le décidais. Impossible de checker compulsivement quand il n’y a rien à checker. Le bonheur.

Bon ok, mais alors comment on fait pour voyager seule – et qu’on stresse de ouf ?

D’abord, je ne pense pas que tu sois obligée de t’infliger les 15 jours à Taïwan pour commencer. Peut-être qu’un week-end pas trop loin, ou même une semaine dans la capitale la plus proche, c’est déjà assez d’aventure pour ta première fois.

La seule chose importante, c’est que ce soit un endroit qui ne t’est pas familier, et que tu y sois seule. Et que tu le fasses, pas que tu opines du chef sans avoir la moindre intention de passer à l’action.

Je me souviens qu’en tant que salariée, des gens m’avaient demandé si ça ne me dérangeait pas de « sacrifier 2 semaines » pour partir seule alors que j’aurais pu les passer avec ma famille ou mon copain. Je trouvais cette façon de voir hyper étrange. Si je n’ai que 5 semaines, est-ce que ce ne serait pas encre plus cruel de ne pas en garder même une seule, même quelques jours pour moi ? Pourquoi ce serait plus vertueux de passer tout ce temps à plusieurs, à endosser des rôles que j’endosse déjà d’habitude ? Alors que le voyage seule me ramène beaucoup plus sûre, plus posée et me permet de mieux comprendre ce que je veux, de renvoyer quelque chose de bien plus positif à mon entourage, plutôt que de continuer les disputes sur la vaisselle et le nombre de livres que j’achète sans les lire (beaucoup), mais au bord d’une plage paradisiaque ?

Les crises de stress et le voyage en solo

Quand je parle de mes voyages solo, que ce soit loin ou près, pour un week-end ou 3 semaines, il y a toujours chez mes amies filles cette réaction « Ouah, je t’admire, moi je pourrais jamais faire ça ». Ce sont des filles que je considère beaucoup plus courageuses que moi pour plein de trucs. Pour moi toute personne qui a eu un enfant rentre déjà dans la catégorie « méga aventurière ». Qu’est-ce qui peut arriver de pire pendant un voyage en solo, vs la responsabilité de prendre soin d’un petit humain pour *gulp* le restant de ses jours ?

Ceci dit, pendant plusieurs années, je n’ai pas pu voyager seule. Je ne pouvais pas vraiment voyager tout court. Le moindre déplacement était une source d’angoisse sans fond, de pensées obsédantes, irrationnelles et indéboulonnables comme « je ne veux pas être ici » ou « je ne peux pas être loin de chez moi ». Le truc le plus chiant, dans l’angoisse, c’est qu’elle est en autosuffisance absolue : « pourquoi tu ne peux pas être seule ? » « Parce que je vais faire une crise d’angoisse et ça va être horrible. » « Pourquoi tu ferais une crise d’angoisse ? » « Parce que rien que d’y penser, ça monte ».

Super. Merci pour rien du tout, partie rationnelle de mon cerveau qui est censée pouvoir me ramener sur terre.

J’ai aussi découvert des choses très intéressantes sur moi par le biais de ces crises de stress : elles sont un passe droit absolu pour arrêter de se mettre la pression. Si on te propose un truc qu’au fond de toi tu n’as pas envie de faire mais que tu aurais fait par convenance, l’angoisse t’empêche de le faire, comme ça c’est réglé. C’est un excellent signe – quoi qu’un poil désagréable j’en conviens – que tu as besoin de repos, d’arrêter de boire du café par litres, et de te lâcher la grappe.

Dans la valise d’une meuf stressée

Cela dit, si tu peux t’éviter les grosses paniques pendant tes voyages, c’est bien aussi hein. Je te donne ma trousse de secours, héritée de thérapie comportementale bien chouette et de mes propres expérimentations. Même si mon stress du voyage et de l’inconnu a largement cédé la place à la surexcitation d’une enfant qu’on emmène au parc, ça m’arrive aussi d’avoir des coups de flippe inopinés et de devoir les gérer (ça m’est même arrivé à Barcelone, alors que j’étais plutôt relax max depuis le début). Dans ma trousse relax-zen-aoumm-coeur-coeur-love :

– De l’eau (la peur d’être coincée quelque part est amoindrie si tu sais qu’au moins, tu ne vas pas mourir déshydratée)

– Des pastilles de fleurs de Bach Urgences (j’adore la version pastilles sèches à coller au palais, plus dure à trouver mais elle met si longtemps à fondre qu’en général j’ai arrêté de stresser avant)

– De la bouffe (même chose que l’eau)

– Des mots fléchés (si en plus tu peux gagner un nouveau voyage incroyable tout en évitant de flipper, quelle belle idée)

– Des mp3 qui me détendent : un audiobook de FireStarter Sessions de Danielle Laporte et une séance de sophro pour s’endormir qui marche bien

– Le livre numérique de « Tremblez mais osez » de Susan Jeffers, qui a changé pour toujours ma vision de la peur et de ce que je pouvais me permettre de faire, même dans un état de stress avancé.

Tu peux même avoir des médocs sur toi, non pas pour les prendre mais pour te servir de parachute (pas des trucs super forts hein?). Comme ça tu sais que si jamais tu paniquais 12 heures d’affilée, tu pourrais te sauver la mise en les prenant (c’est comme la flotte et la bouffe : on se doute bien qu’on ne va pas mourir de faim ou de soif, mais rien que de savoir qu’il existe une solution, c’est déjà la solution dans le cas de l’anxiété).

On peut se dire que c’est une béquille, et que ce n’est pas bien et qu’il vaut mieux ne dépendre de rien d’autre pour se détendre. Ou bien on peut se dire qu’on a le droit de se faciliter la vie et que si ça nous permet de nous sécuriser pour faire ce qu’on a envie de faire, c’est du jeu.

Et tu te rends compte qu’être Indiana Jane, ce n’est pas parcourir le monde avec deux slips, un savon de Marseille et un couteau sans jamais avoir la trouille. C’est parcourir le monde comme tu en as envie (si tu en as envie), en sachant que tu vas peut être te mettre des grosses trouilles, que parfois tu vas t’ennuyer sec, que tu vas voir des trucs géniaux, te sentir comme Wonderwoman, mais aussi que tu ne vas pas toujours savoir ce que tu fous, et que parfois tu vas même sérieusement te demander pourquoi tu t’es infligée ça. Mais que quoi qu’il arrive, tu auras les moyens de le gérer.

Et que tu es en train de faire la place pour tout ce qui est vraiment important pour toi. Alors fuck le stress. D’une petite boule de stress à une autre je te le dis : vas y.

 

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