Si tu as peur, n’aie pas honte. La peur est normale, elle est là pour toutes les Aventurières. Elle est là dès que tu sors de ta zone de confort. Elle est là à chaque fois que tu grandis, que tu changes. C’est pour ça qu’hier soir, je me suis retrouvée le nez dans un bouquin qui est devenu un vieil ami : « Feel the Fear and do it anyway » (en français, tremblez mais osez, de Susan Jeffers).

 

« A la base de toutes nos peurs, il y a simplement la peur que tu ne pourras pas gérer ce que la vie pourrait t’amener »

Elle parle dans son livre d’un cas que je trouve fascinant : une femme qui vit dans une dépendance complète de son mari, qui a un business florissant. Elle vit dans la crainte qu’il lui arrive quelque chose, parce qu’il survient à tous leurs besoins. Un jour, à la suite d’un accident, son mari se retrouve handicapé. Elle se retrouve à prendre soin de celui sur qui elle comptait pour prendre soin d’elle toute sa vie. Après une période difficile, elle commence à ressentir un sentiment de paix profonde. C’est seulement à ce moment là qu’elle réalise à quel point la peur prenait le pas sur le reste de sa vie.

Je trouve cette histoire passionnante parce qu’elle illustre bien le coeur du bouquin : la peur n’est pas le problème. Tout le monde ressent une forme d’appréhension, de stress, de flippette en faisant des choses nouvelles. La différence, c’est la façon de la considérer. Est-ce que la peur nous plonge dans des abîmes de stress, d’anxiété voire de perte de sens et d’estime de soi ? Ou est-ce qu’on en fait une source de pouvoir, de découverte et d’énergie ?

En tant que femmes, malheureusement, on est souvent éduquées à ne pas faire face à la peur ou à la nouveauté. On abandonne notre pouvoir aux autres, et on se retrouve dans des situations d’angoisse, de stress intériorisé avec les effets destructeurs qu’on lui connaît. Je ne peux pas m’empêcher de regarder les générations de femmes avant moi, à qui on a vendu le mythe d’une vie stable où il « suffisait » d’être une bonne épouse et une bonne mère, et puis aussi d’avoir une carrière mais bon pas trop prenante, ya les enfants et le mari à gérer.
Ces femmes qui se sont pris dans la face les divorces et le chômage, et qui ont du réinventer leur rôle et le sens de leur vie en traversant des moments difficiles.
Et pourtant, aujourd’hui encore :

 

Les filles sont éduquées à l’impuissance.

 

Bien sûr, c’est une généralisation crasse, et comme toutes les généralisations, il y a des exceptions. Mais globalement, les femmes sont éduquées à ne pas devenir maîtresses de leurs peurs, on leur dit d’éviter le danger, et de ne pas prendre de risques inutiles. Nous sommes les bonnes élèves. Notre royaume est celui de l’intérieur, de l’intériorité.
Il y a des choses « pas pour nous » : la force physique, se rouler dans la boue, partir en voyage seule (« mais t’es dingue, tu risques de te faire violer »), tout ce qui a trait aux chiffres (laisse la compta aux comptables, c’est trop compliqué pour toi), l’argent notamment. Il y a des choses pour nous : être objet plutôt qu’actrice du désir (on peut dire que sur ce point, on n’est pas vraiment en évolution), s’occuper des émotions de tout le monde, faire passer les autres avant nous, être parfaites en toutes choses. Ne pas faire trop de bruit ou de remous.

Cette image de petite fille parfaite a un prix très cher : celui de la paralysie. La petite fille parfaite ne bouge pas, elle attend qu’on lui donne un bon point. Qu’on lui dise qu’elle fait bien.

Une étude de la chercheuse Anne Dafflon Novelle montre que les livres pour enfants encouragent très tôt ce triptyque : les petites filles à l’intérieur, dans un lieu plutôt privé, dans des attitudes plutôt passives. Les garçons plutôt à l’extérieur, dans des lieux publics et des attitudes actives.

Ces stéréotypes plantés en nous nous dès l’enfance encouragent une attitude passive face à nos peurs. Pire, on estime que c’est nous qui avons un problème. Pourquoi est-ce qu’on est aussi angoissées alors que tout va bien ? Je ne sais pas toi, mais ma spéciale « maxi trouille » c’est de m’en remettre une couche en me disant : « les autres ont pas peur, c’est quoi ton problème ». Le problème, Michelle, c’est que ta trouille te maîtrise. Tu vis déjà dans la peur de tout ce qui pourrait se passer et que tu ne saurais pas gérer. Alors tu essaies de contrôler, de rester dans un périmètre ultra sécure. Mais ce périmètre se réduit et le stress revient. Comment on fait alors ?

Déjà remettons cette pendule à l’heure : tout le monde a peur.

Ce qui change d’une personne à l’autre, de celle qui ose à celle qui tremble et s’enferme dans une attitude passive, ce n’est pas l’absence de peur, c’est l’état d’esprit. Reprendre le pouvoir sur nos peurs, ce n’est pas nier leur existence, c’est leur nier le droit de dicter notre vie.

C’est reprendre le pouvoir, collectivement. Je suis une Aventurière, je choisis ma vie et donc oui, parfois, j’ai la trouille.

Tout le monde a intérêt à ce que nous devenions actrices de nos vies. A laisser tomber des siècles d’angoisse pour mettre un pied ferme du côté « j’ai le pouvoir sur ce que je ressens et ma peur n’est pas mon maître ». Parce que c’est ça la réalité : une peur qui nous domine, elle ne va pas tranquillement se reposer en se disant « ah bah c’est bon j’ai bien fait mon travail, je l’ai bien protégée, je vais pouvoir aller arroser mes carottes ». Non, la peur n’a pas une passion coupable pour les potagers bios. Dès qu’on la laisse gagner dans un domaine, elle s’attaque à la suite.

La peur c’est contagieux

J’ai bien connu ça, puisqu’un jour, en faisant une crise de stress dans l’avion, je me suis retrouvée à avoir peur de l’avion. Puis quelques mois plus tard, j’avais peur du train. Avance rapide de quelques mois encore, me voilà un peu flippée de tous les voyages un peu long. Et puis du métro, et parfois de la voiture. Des fois même je suis flippée d’être juste « pas chez moi ».
Quand j’en parlais, je me sentais honteuse, et je voyais le regard des autres, un peu inquiet « Ouah la pauvre, ça va mal, elle a un vrai problème d’angoisse ». J’ai commencé par faire fausse route : je cherchais la raison, dans les plis de mon inconscient, je me mettais l’étiquette : je suis une meuf angoissée, voilà c’est comme ça. C’est super rassurant les étiquettes, parce que comme ça tu peux bien rester dans ta case, ça te définit, ça donne un périmètre.

Un jour j’ai arrêté de chercher pourquoi. J’ai eu la chance de tomber sur Susan Jeffers et de trouver une docteure et un thérapeute trop cools qui m’ont dit « on s’en fout de pourquoi, ce qu’on veut c’est que tu puisses voyager à nouveau ». Et c’est comme ça que j’ai commencé à reprendre le pouvoir sur mes peurs. Parfois j’ai besoin de piqûres de rappel, alors je relis Susan.
Et je me suis rendue compte que beaucoup de mes potes ont peur de l’avion. Genre, vachement plus que moi. Et qu’ils le prennent tout le temps. Ils n’en parlent pas du tout comme d’un gros souci, personne ne pense qu’ils ont un « problème d’anxiété », et la peur ne s’étend pas à tous les autres transports.

 

Je refuse de continuer à perpétuer ce cliché des femmes angoissées et stressantes, qui se pourrissent la vie en la passant à la craindre. J’ai peur, tu as peur, super, ça fait de nous des êtres vivants. Mais regarde moi et écoute bien : ton pouvoir est infini, et tu es capable de gérer tout ce que la vie t’enverras. Tu as les moyens de quitter le camp de la paralysie et d’emmener ta trouille dans une petite Aventure.

Dans le bouquin de Susan, il y a cette phrase que j’ai du surligner à peu près 1000 fois :

« Repousser la peur est beaucoup moins flippant que vivre avec la peur sous-jacente de se sentir impuissante »

L.


Si tu veux rejoindre ta propre équipe d’Aventurières badass, ça se passe ici : https://www.lesaventurieres.com/lanti-ecole-dentrepreneuriat/

Pour découvrir 10 Aventurières contemporaines trop cools, c’est là (en anglais) : https://www.theguardian.com/travel/2016/mar/30/top-10-inspiring-contemporary-uk-female-adventurers

J’ai eu l’immense joie d’interviewer Christel Mouchard, qui tient un blog génial sur les femmes Aventurières de notre passé (prépare toi à voir de la crinoline et des jupons sur la traversée du désert) http://christelmouchard.blogspot.fr

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