« C’est une conne ». « Je suis nulle ». « Elle est brillante ». « Ouah, tu réussis vraiment tout ce que tu fais ». « J’ai pris la bonne décision ». « J’ai pris la mauvaise décision ».

 

Il y a en nous tous un désir de certitudes. D’absolu. Je suis organisée, drôle et perfectionniste. Mon voisin est bruyant, pénible et frustré. Cette meuf est débile, raciste et inculte. Celle-ci est brillante, inatteignable et confiante.

On crée des étiquettes pour les autres, on crée des étiquettes pour nous. On est rassurées, pendant 5 minutes. Les étiquettes prennent leur pouvoir sur nous et dans notre rapport aux autres.

On meurt d’angoisse parce qu’il faut prendre la « bonne » décision. On agonise de culpabilité parce qu’on est « pas sympa ». On se gausse quand on fait des trucs classes. On s’engueule avec notre conjoint parce qu’il est « irresponsable et fainéant », tout en se jetant la pierre d’être aussi « control freak et hyperactive ». On a peur d’agir parce que le spectre de l’erreur plâne sur chaque décision.

Peu à peu, les étiquettes créent pour nous une réalité bicolore.

Il y a les choses bien et les autres. Les gens biens et les autres. Les choses qu’on aspire à faire, avoir ou être, et les autres. Dans un monde bicolore, chaque action est lourde de conséquence. Il n’y a pas de place pour l’erreur, à peine de place pour quelques nuances de gris, et la moindre imperfection doit être traquée, déracinée, arrachée, détruite. C’est un monde dans lequel on brûle volontiers la forêt entière pour enlever 3 herbes qui avaient l’air louche.

 

Heureusement, il y a une alternative à cette vision : la curiosité.

 

Plutôt que de se jeter sur les étiquettes, on peut adopter une attitude de curiosité et d’ouverture. Prenons l’exemple des décisions. Est-ce que ça t’est déjà arrivée d’être paralysée devant un choix, de retourner les options dans ta tête mille fois, de créer une demie douzaine de scénarios catastrophes pour chaque option, jusqu’à être complètement incapable de choisir (même s’il s’agit juste de prendre le poisson ou le plat végétarien au resto ?).

Finalement, qu’est-ce qu’un « mauvais » choix ? Un choix qui amène des conséquences désagréables ? Ok, mais c’est aussi des informations très utiles pour le futur (ah tiens, je n’aime pas trop la brandade de morue en fait, la prochaine fois, je prendrai les légumes). Qu’est-ce qu’un « bon » choix ? Un choix qui amène des conséquences heureuses et positives ? Mais comment sauras-tu à quel moment ton choix a fini de porter ses conséquences ? Et si tu adores les légumes que tu as choisi, mais que tu as une indigestion plus tard ? Et si tu prends les légumes, mais qu’en fait en choisissant le poisson, tu aurais trouvé une série d’arêtes, ce qui t’aurait permis de rencontrer le chef (« C’est inadmissible, amenez moi le chef! ») qui devient l’homme de ta vie ?

D’où l’alternative : la curiosité. Ça permet de se prendre beaucoup moins au sérieux et de cultiver une attitude bien plus sympa pour soi même et les autres. Beaucoup de conseils dans l’entrepreneuriat ou le développement personnel me font un peu crisser des dents, parce que c’est super flippant, ça donne l’impression d’un monde bicolore : « Suis ta passion » « Suis ton plaisir » « Sois positif en toutes circonstances ». Tout cela est très bien mais il manque l’étape suivante : et aborde tout ça avec beaucoup de curiosité et de douceur.

Je vais être honnête : parfois je perds ma passion pour mon taf. Et dans ces moments là, ça me stresse encore plus quand on me dit de « faire ce qui me plaît » parce que je cherche désespérément, dans la boîte magique des activités de la vie, celles qui sont étiquetées « plaisir ». Et il n’y en a pas d’absolues : parfois j’adore écrire, mais il y a des jours où je n’ai pas envie d’être plantée derrière mon ordi. Parfois faire des cours en ligne est un bonheur, et puis il y a des fois où je ne suis pas dedans. Certaines idées m’ont enthousiasmée un temps, puis plus. D’autres sont arrivées plus progressivement et restent là, toujours aussi intrigantes et fascinantes. Mais je ne sais pas lesquelles à l’avance. Et plus j’essaie de contrôler, plus le stress grandit de faire fausse route.

Par contre je peux me dire « Je me demande si j’aimerais accompagner des gens en individuel » ou « Je me demande si j’aimerais faire un programme en ligne, tiens je vais en faire un et comme ça je saurais », et « Je me demande ce qui se passerait si je lançais un programme sur la peur ». Et le faire. En étant ouverte aux résultats et aux réponses que ça va m’apporter. Non pas parce que c’est une bonne réponse, mais parce que ça m’intrigue et que j’ai envie.

Attention, ce n’est pas une attitude défaitiste genre « bon bah rien ne m’enchante alors je fais ça », c’est tout le contraire. C’est rester ouverte à l’enchantement à chaque fois, mais ne pas t’enchaîner à des absolus. Accueillir les choses plutôt que les juger, et agir plutôt que de rester prostrée dans la peur du mauvais choix.

 

Le jugement est une arme qui se retourne inévitablement contre son utilisateur.

Là où nos étiquettes sont encore plus dangereuses, c’est quand on les mets sur les gens. Au début c’est cool, ça rassure ces catégories. Nommer, ça donne un contour aux choses, une illusion de maîtrise. Mais les étiquettes sucent toute la couleur du monde. Elles encouragent au jugement et à la distance. Si tu n’es pas avec moi, tu es contre moi. Si je juge les défauts en toi, je crée un espace pour juger tout ce qui ne va pas chez moi.

 

Je suis frappée par le nombre de fois où l’on déshumanise l’autre. Depuis l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis, je regarde beaucoup les talk-shows américains, et moi aussi, au début, j’ai bien ri des bourdes et des gaffes à répétition du président. J’ai tremblé en pensant aux conséquences de ses actes. Au bout d’un moment, je me suis sentie très gênée. Les adjectifs utilisés pour décrire Trump et ses supporters étaient humiliants, rabaissants. Derrière les blagues apparaissaient l’incrédulité et la peur des humoristes et des commentateurs.
Ce genre de réaction apparaissent de plus en plus, sans aller jusqu’à des situations extrêmes comme celles de l’élection américaine. Notre quotidien est rempli d’occasions de descendre les autres, pour des tas de très bonnes raisons : les gens sont racistes et intolérants, alors je les méprise (j’aime beaucoup l’ironie dans cette situation), les gens ne respectent pas les autres, alors je ne les respecte pas non plus (dans ce cas qu’est-ce qui me donne le droit de me considérer différemment?), …

Les étiquettes sont le langage privilégié de la peur

J’ai peur de ce que je vois en toi, alors je le condamne. Il n’y a qu’un pas entre les jugements assassins et la déshumanisation. Je ne respecte pas ta parole ni ton avis car tu es stupide. Tu ne mérites pas le droit à la parole parce que tu ne réfléchis pas assez. Tu n’es plus un égal à mes yeux.

Cette violence se retourne rapidement contre nous : on est à nouveau dans un monde d’absolus, et dans ce monde d’absolu, où suis-je. Je suis loin d’être parfaite, je ne fais pas tout ce qu’il faut pour sauver mes voisins, la nature, les gens malheureux, les plus pauvres que moi et corriger le système économique mondial. Je suis horrible !

Si je peux juger les autres, on peut aussi me juger, et que va-t-on voir, dans le miroir cruel des étiquettes ? Pas que du joli. Bam. Retour à la case « je brûle une forêt parce qu’il y avait deux trois herbes un peu louches ». Je me classe, je me compare, je me culpabilise. Et tout ça ne fait rien avancer du tout.

Quelle est l’alternative ? Reconnaître l’humain chez l’autre. Tous les autres. Préférer le dialogue au jugement hâtif. Comme dit Brené Brown « Les gens sont difficiles à haïr quand on est très près. Tiens toi plus près ». C’est difficile, je sais, mais j’ai envie de voir l’humain chez l’autre, même celui qui dit des choses qui vont à l’encontre de tout ce que je crois. Je veux comprendre et voir avec ses yeux pour ne plus être piégée par mes jugements. C’est sans doute pour ça que j’aime autant les histoires et la littérature. Accepter l’humain chez l’autre, c’est un pas pour accepter l’humain en nous.

Est-ce que ça veut dire qu’on devrait tout accepter et que les valeurs comptent pour des prunes ? Absolument pas. La première étape pour arrêter de juger, c’est savoir poser et respecter nos limites. Ecouter pour entendre, et pas pour être convaincue ou pour convaincre. Je respecte ton droit de penser autrement, parce que je respecte mes propres pensées.

Je ne sais pas toi, mais moi, je n’ai aucune envie que mes peurs transforment mon monde en un magasin noir et blanc, où tout est bien étiqueté, rangé, et où rien ne vit.

Alors avec courage, je décide de choisir la curiosité. De choisir l’écoute. Et de m’émerveiller devant les couleurs de ce monde.

 

Je suis en train de créer un programme de deux semaines « Fuck la peur » pour remettre ta peur à sa place : dans la coffre de la voiture (bon ok, sur le siège enfant à l’arrière si t’es d’humeur sympathique). Si tu es intéressée pour avoir les infos, laisse ton mail ici. 


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