1. Les auteur-es sont forcément des crève-la-faim

On entend ça partout depuis qu’on a 2 ans à peu près : l’art c’est un hobby, c’est pour le soir, le matin tôt et les pauses dej. C’est pas un boulot, c’est impossible de vivre de son art. Ah ouais. Est ce qu’on décourage les gens de devenir profs parce que c’est épuisant et que le concours est vachement dur (et je parle même pas des conditions salariales et du fait qu’il va falloir aller bosser dans un coin bien paumé ou dans un lycée bien chaud que tout le monde fuit dès qu’il a assez de points pour se casser) ? Est ce qu’on décourage les gens d’étudier le droit parce que juriste ou avocat ca peut être un boulot galère et contraignant et même pas bien payé non plus?
Non. Mais l’art par contre, c’est no way.
Rares sont les familles où la phrase ‘je veux être ecrivaine’ ou ‘je veux dessiner des bds’ sont bien accueillies. A la place, on fait des gens frustrés. Des vétérinaires qui rêvent de peindre, des juristes qui attendent le weekend pour se déguiser en Chewbacca dans des conventions star Wars et qui ont l’impression de mourir tout le reste de la semaine.
Pourtant il y en a des artistes qui vivent de leur art. Il y en a plein. Il y en a qui sont richissimes. Mais on refuse de les voir. Elles sont l’exception. Ils ont eu « de la chance ».
Et si on acceptait enfin l’idée radicale que 100% de ceux qui réussissent ont vraiment essayé ?

2. Créer c’est dur

J’en ai marre de lire ça, d’autant plus que je me suis déjà surprise à propager ce mythe. Écrire c’est comme tout, ça s’apprend. Ce n’est pas ‘dur’ des enfants de 4-5 ans le font déjà. Est ce qu’on entend d’autres professions passer autant de temps à chouiner que c’est vachement sûr d’être une chirurgienne ou un avocat et de tenir la vie ou le destin de quelqu’un dans ses mains ? Non. C’est comme s’il y avait une espèce de plaisir maso collectif à dire ‘nan mais tu peux pas comprendre, écrire c’est super dur ‘ bouh bouh bouh. Moi moi moi. Sans doute parce que c’est plus classe si on donne l’impression que c’est comme une traversée de l’Atlantique en solo. Désolée c’est faux. Va écrire et arrête de dire à tout le monde que c’est duuuuur. Tout est dur. Tout est facile. Ça dépend des jours de ton humeur et de plein de choses. Si tu as envie, fais le. Point.

3. Ceux qui peuvent font ceux qui ne peuvent pas enseignent

Ok ce mythe m’énerve énoooooormément parce qu’il tue des vocations. J’ai une cliente qui a arrêté la  peinture parce qu’elle avait peur de n’être assez bonne « que pour enseigner ».
A côté de ça, j’ai découvert une association américaine qui s’appelle : Girls Write Now et qui encourage les jeunes filles à écrire et s’exprimer. Beaucoup d’artistes célèbres viennent faire du mentorat et donner des classes pour cette asso.
C’est quoi ce mépris snob et malvenu à l’égard des gens qui partagent leur passion pour l’art ? On peut avoir la passion pour créer et ne pas avoir envie de gagner des sous comme ça. On peut avoir la passion pour enseigner. On peut avoir la passion et l’envie de faire les deux, parce que c’est un cycle vertueux : j’apprends, je crée, je partage ce que j’ai appris et créé.
Si tu n’es toujours pas convaincue, laisse moi te parler de Robert Mc Kee. C’est le boss du storytelling. Les mecs de Disney vont faire des stages chez lui pour apprendre à écrire. Et lui même n’a jamais eu un de ses scénarios passé à l’écran. Il a « juste » écrit le bouquin de référence sur le sujet et il passe sa vie à transmettre sa passion dans le monde entier. Il te fait pitié ? Parce qu’à moi, pas du tout.

4. Le talent c’est inné

Oh putain celui là… Je t’ai dit que j’étais énervée en écrivant cet article ?
Parce que ce c’est une des phrases qui me fait partir en sucette.
Ça a été dit répété, on a des preuves scientifiques que ce n’est pas vrai et pourtant…  On continue à avoir une petite partie au fond de nous qui croit que le monde se divise en des « élu-e-s » d’un côté et les autres de l’autre.
Tu sais ce que c’est ce mythe ? C’est de la paresse + de la trouille. La paresse de faire les efforts ou de persévérer et la peur d’échouer. C’est ok de ne pas persévérer si un truc ne te plaît pas, mais si c’est par trouille, tu vas te réveiller avec une gueule de bois de regrets un jour qui sera longue à digérer.

5. Pour écrire bien il faut écrire des blessures profondes

C’est une petite sœur du mythe de l’artiste torturée. Genre si tu veux être un-e « vrai-e » artiste, il va falloir souffrir, aller chercher tout ce qui te torture et le vomir sur une page (ça vaut pour une toile et toutes les autres formes d’art d’ailleurs).
Ça fait super envie non ? Toi aussi viens faire ta thérapie en public.
Ou alors on peut se dire que pour bien écrire il faut écrire ce que tu aimes, ce que tu sens, ce que tu vis. De toutes façons quelle autre vie vas-tu utiliser, tu n’as que la tienne sous la main.
Tes blessures, comme tes moments de grâce, comme tout le reste de ton être vont influencer ce que tu crées, parce que c’est toi.
Si tu écris de la romance, tu vas sans doute utiliser tes propres insécurités, les trucs que tu trouves sexy, ce qui te donne envie de découvrir une personne…
Aller gratter tes plaies exprès pour sortir un soi-disant texte profond, ce n’est pas pour l’art, c’est juste maso.

6. Pour trouver sa voix il faut s’isoler, de préférence dans une montagne ou une grotte avec une machine à écrire sans internet et ne rien lire des autres

Il y a ce mythe de la voix originale. Trouver « sa » voix unique, qui va raconter des choses que personne dans toute l’histoire de l’humanité n’a jamais pensé à raconter. Du coup pour la trouver, il faut s’isoler, ne pas lire ou voir ce que font les autres, sans quoi on serait irrémédiablement tentées de copier. Mais une partie de ta voix est justement formée par ces inspirations.
« Pour ceux d’entre nous qui s’adonnent à des activités créatives,
nous débutons parce que nous avons bon goût.
Par contre, un fossé existe.
Pendant les premières années, vous faites des choses et ce n’est pas très bon.
Ce sont des tentatives intéressantes, elles ont du potentiel, mais elles n’ont pas le niveau.
Votre goût cependant, cette chose qui vous a fait entrer dans le jeu, est toujours excellent.
C’est ce goût qui fait que votre travail vous déçoit. (…)
Nous savons que notre travail n’a pas ce petit quelque chose que nous souhaitons qu’il ait. »
L’inspiration n’est pas une mauvaise chose. C’est ce qui nourrit l’art. L’artiste et auteur Austin Kleon parle de la spirale de la création : créer amène à partager, qui amène à consommer qui amène à créer à nouveau.

7. Il y a de la ‘bonne’ et de la ‘mauvaise’ littérature/musique/façon de faire de l’art

Toute personne qui a déjà essayé de mettre des mots sur une page, d’en faire un livre cohérent, agréable à lire ou simplement compréhensible par autrui le sait : ça demande beaucoup de travail et de surmonter un paquet de peurs, notamment celle de se montrer, d’être ridicule ou d’échouer.
Je respecte toute personne qui a eu ce courage par principe. Parce que je sais ce que ça implique.
Je sais aussi à quel point on peut avoir l’impression quand on montre une de nos créations de poser son petit cœur en équilibre sur le rail de sécurité d’une autoroute avec un panneau « fragile, ne pas écraser merci ».
Je déteste entendre « ah pouah c’est de la musique/litterature/BD/peinture de merde » ou « rah c’est super commercial c’est même pas des artistes ces gens ».
En littérature un des genres les plus méprisés est un genre qui est principalement produit par et pour des femmes : la romance.
C’est aussi exigeant d’écrire une romance bien ficelée, qui tient ses lectrices en haleine et leur donne envie de tourner la page que n’importe quel autre style.
Sens-je un relent de sexisme dans le mépris pour ce style? On parie, Harry?
Or les gens qui vont se moquer doucement des comédies romantiques sont les mêmes qui vont se mater des blockbusters au ciné.
Est ce qu’on peut se mettre d’accord sur le fait qu’on a tous des goûts différents et que non, Jean Mi, c’est pas parce que t’aimes pas quelque chose que c’est de la « grosse daube commerciale ».

8. Ça ne compte pas tant que ce n’est pas dans une librairie estampillé par un éditeur

Est-ce que j’ai le droit de dire que je suis auteure si je n’ai pas été publiée ? Je me suis posée cette question aussi, et ça fait partie des mythes que je rejette. Tu es auteure si tu écris. Tu es peintre si tu peins. Tu peux aussi écrire sans être auteure, c’est une question de toi à toi. Il n’y a pas de critère objectif.
Et j’entends d’ici là les « Ah ben dans ce cas là, tout le monde peut dire n’importe quoi, ben moi je vais dire que je suis astronaute alors ». Ok, pas de souci. Tu es allé-e dans l’espace ? Non. Alors t’es pas astronaute, désolée. Moi, j’écris. Je suis auteure.

9. C’est trop tard / c’est trop tôt

Il n’y a pas si longtemps, je me suis entendue dire « je crois que je suis trop vieille pour devenir scénariste ». J’avais envie de me mettre une claque mentale instantanément. Qu’est-ce que ça veut dire « trop vieille » ? Trop vieille pour quoi ? Pour faire l’effort, pour y allouer le temps nécessaire ? Dans ce cas ce n’est pas l’âge, mon problème, c’est que je n’ai pas assez envie. Et ce n’est pas un drame. On a le droit de se dire « franchement, ce serait rigolo mais je ne suis pas assez motivée pour franchir les obstacles que ça implique ».
Par contre, se laisser démotiver par son âge, ce serait triste. Et si tu n’as jamais eu l’occasion de travailler ton art jusqu’à aujourd’hui ? Pourquoi ne pas commencer. Rien n’est trop tard puisque tu es encore là pour lire ces lignes.

10. Les écrivains sont…

Toute phrase qui commence par une grosse banalité des familles est vouée à rejoindre la famille des mythes.
Les écrivaines sont introverties sauf quand elles sont extraverties. Les auteurs sont des égomaniaques détraqués sauf quand ce sont d’adorables personnes empathiques et équilibrées. Les dessinatrices sont toutes des urbaines ultra branchées réseaux sociaux, sauf quand elles vivent à la campagne et qu’elles n’en ont rien à faire d’internet. Les peintres sont tous des excentriques à l’enfance malheureuse, sauf quand ce sont des personnes très organisées et carrées qui n’ont rien à reprocher à leurs parents. 
Bref. Il n’y a pas de passeport pour être artiste. La seule condition, c’est d’avoir envie de créer quelque chose, et la persévérance si tu veux gagner ta vie comme ça.

 

Et toi ? Tu as eu à faire à ces mythes ? Tu en as d’autres en tête ? 

 

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