Cette semaine, je discutais avec une de mes mentores en coaching qui est néo-zélandaise. Elle me parlait de sa vision de la culture française. C’est à peine si elle pouvait se retenir de soupirer : « Ici, on apprend aux enfants dès l’école que les choses sont impossibles. »
Elle racontait que dans son pays d’origine, la culture est radicalement différente : l’esprit d’équipe compte beaucoup plus, la hiérarchie compte beaucoup moins, et les choses sont possibles par défaut. Si on n’y arrive pas, c’est juste qu’on n’a pas encore trouvé la solution. 

 

 

Les catégories de rêves

Je me souviens quand ma sœur était petite, c’était une artiste : peinture, écriture, elle excellait dans tout ce qu’elle faisait (en plus d’être le genre d’élève qui a 18 de moyenne tout en gagnant les championnats de France d’athlétisme dans une demie-douzaine de disciplines).

Avec autant de cordes à son arc, on aurait pu se dire qu’elle avait le monde à ses pieds. Seulement il est apparu très rapidement qu’il y a les rêves « ok » et les rêves « pour le week-end ». 

On lui disait des trucs comme « Avec ton niveau, tu devrais faire médecine » ou « deviens vétérinaire, tu pourras toujours écrire des romans à côté ». Par contre je n’ai aucun souvenir de phrases comme « Avec ta sensibilité, tu pourrais être peintre » ni « Deviens écrivain, tu pourras toujours être bénévole dans un refuge pour animaux le week-end ». 

Il y a les carrières du jour et les rêves qui sont soigneusement consignés aux week-ends et aux soirées. Ce qui remplit le frigo, et ce qui remplit les creux d’emploi du temps. 

 

Je ne pense pas qu’on soit la culture de l’impossible. On est la culture du « raisonnable ». Les rêveurs du week-end. 

 

Nos rêves ne sont pas éteints, ils sont diminués et réduits à une expression « acceptable ». On n’apprend pas que ce qu’on veut est impossible, c’est plus pervers que ça. On installe une espèce de filtre permanent entre nous et nos désirs. Avant même de naître, les désirs sont triés, étiquetés, et déformés pour rentrer dans le bon dossier, la bonne case. 
En faisant ça, on se coupe petit à petit de tout ce qu’il y a de spontané et de puissant en soi. On devient à son tour la version raisonnable de soi. C’est quoi la différence entre la version puissante et la version raisonnable ? C’est simple on a tous grandi avec. Par exemple, ma famille est remplie d’artistes : musique, peinture, écriture, décoration, artisanat… On se croirait chez les Chédid. Mais on n’est pas chez les Chédid, on est chez leurs cousins raisonnables. Ceux qui ont remisé leurs rêves et leur expression aux endroits où il faut. L’exigence et la pratique ont été mises au service des choses raisonnables, il y a de belles carrières, des belles familles. Mais le grain de folie, la créativité qui déborde de tous les côtés, ils sont restés au chaud. Prochaine vie peut-être. 

Et si le rêve est impossible à réaliser ?

 

Je ne parle pas de niveau de succès, de richesse ou de notoriété. Ne viens pas me dire « Mais Laure, tu peux pas non plus conseiller à un enfant de devenir peintre alors que c’est quasi impossible de percer ». Déjà c’est discutable. Tu connais bien le marché de l’art toi ? Moi, pas assez pour donner mon avis là dessus. Et oui, c’est possible qu’en misant sur tes rêves, ça ne marche pas tout de suite. C’est même possible que ça ne marche pas tout court. Que ton art ne soit jamais reconnu de ton vivant. Que ta première boîte ne prenne pas. Et la 2è non plus. C’est comme ça que la plupart des rêveurs du weekend se rassurent. 

Le problème, c’est que si tu restes bloquée dans la version raisonnable, tu ne sauras jamais ce que ça pouvait donner. Tu n’es pas dans la réalité mais dans un bricolage destiné à te rassurer et te maintenir là où tu es. Parce que c’est flippant de remettre en cause la façon dont tu t’es construite. Mais le prix à payer : tu ne sauras jamais ce que t’avais dans les tripes. Tes vrais désirs, l’expression individuelle et unique de toi, ce que tu venais amener. Tu auras un semblant de ça. Comme un dessin décalqué 12 fois d’affilée, qui ressemble vaguement au modèle mais n’a plus rien de la puissance ou de la beauté sans compromis de l’original. 

A toi : où est-ce que tu sais que tu te planques ? Où est-ce que tu as renoncé à la réalité en faveur de la « raison » et des « choses qui se font » ? 

 


 

 

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