Il y a un truc qui ne fait pas partie des règles du jeu de cette vie, c’est la sécurité. La seule chose que tu es sûre de vivre, c’est du changement et de l’incertitude.

 

Les certitudes et les clichés

C’est assez désagréable au départ, comme constat, parce que vu qu’on a envie de survivre, on est aussi programmés pour chercher de la sécurité. Notre cerveau est remarquable pour créer du connu : il voit des schémas répétitifs, et il en fait une vérité absolue pour t’aider à anticiper. C’est comme ça que tu sais que traverser la route sans regarder, c’est pas une bonne idée, que 1+1 vont faire 2 à tous les coups et que les mecs qui ont l’air ténébreux et torturés et que tu penses pouvoir sauver par la force de ton amour sont juste des mecs relous qui vont mettre des années à sortir de ton système après t’avoir démontré que, contrairement à la légende, l’amour ne sauve pas les gens qui ne veulent pas être sauvés.
C’est aussi comme ça que naissent les clichés et les discriminations : « toutes les femmes sont émotives et faibles » « tous les gays sont exubérants » « tous les arabes sont malhonnêtes ».

Quand on croit en quelque chose, on va le renforcer par toutes nos observations, et même nos créations.

On crée en permanence le monde auquel on croit.

 

JK Rowling vit dans un monde qui dit depuis des millénaires que les femmes, c’est bien mais quand même moins bien que les mecs. Elle a donc créé un monde magique où tous les sorciers les plus puissants sont des mecs (le triptyque Dumbledore – Voldemort – Harry Potter), les deux maisons les plus valorisées du bouquin sont les deux fondées par des hommes, et les personnages féminins sont quasiment exclusivement au service de l’intrigue, sans buts, motivations ou ambitions persos.
J’adore Harry Potter, mais je suis obligée de voir aussi à quel point c’est un reflet fidèle de ce qu’on croit aujourd’hui sur nous en tant qu’humains.

A la recherche de la méthode infaillible

Dans ce monde d’incertitude on adore les garanties, les assurances, les méthodes infaillibles et les liens de cause à effet (parce qu’un lien de cause à effet « explique » ce qui se passe et nous rassure).
Dans le marketing on fait beaucoup ça : je te garantis que si tu suis ma méthode, tu vas voir tes revenus tripler, c’est une méthode en 3 étapes inratables et d’ailleurs, si ça échoue, je te rembourse. Bim bam boum, si c’est pas de la peur emballée dans un papier cadeau de fausse certitude ça, je sais pas ce que c’est.

Dans le dév perso, où on ne promet pas forcément de richesses, de rutilantes voitures ou villas de vacances, il y a aussi cette recherche de garantie. La promesse non-dite du dév perso c’est « Si tu bosses sur toi, tu vas réussir ta vie ».

Réussi ou raté ?

J’ai plusieurs problèmes avec ça : déjà qu’est-ce que c’est « réussir sa vie ». Si tu passes une vie de galère mais que les trois dernières années sont incroyablement géniales, les plus belles, tu as raté ou tu as réussi ?
Si tu passes une vie incroyable géniale, mais qu’au dernier moment tout se retourne, tu finis ta vie dans un état d’abandon, de misère et de tristesse, tu as réussi ou tu as raté ?

Cette question est complètement farfelue, et c’est la même chose dans le business : tu as un splendide chiffre d’affaires et tu fais la une des journaux mais ton associée qui était ta meilleure amie ne te parle plus et tes employés se barrent tous les 12 mois. Réussi ou raté ?

Tu as une boîte qui marche bien et tu adores aller bosser le matin, tes employés sont heureux mais tout repose sur ton temps, et si tu tombes malade, la boîte mettra la clé sous la porte en quelques mois. Réussi ou raté ?

Et si je te dis que la première boîte a inventé un mode de transport 100% écolo et que la deuxième est spécialisée dans la fabrication de bombes chimiques. Ça change ta réponse ?

La vraie question

Comme dit mon amie Flora Douville, ces questions, c’est une façon de « court-circuiter » la vie. On veut savoir en avance les critères d’une vie / d’un business réussi, comme ça on n’a plus qu’à cocher les cases et go ! On voudrait pouvoir aller directement à la « réussite » sans passer par les cases galères, sans ressentir l’échec, sans avoir à prendre la responsabilité de choix dont on ne connaît pas l’issue.

C’est pour ça que la plupart des conseils et des sites consacrés à cartonner ton business me donnent envie de me jeter par la fenêtre d’ennui : ça respire la trouille et l’illusion de sécurité.

Fun fact : si tu es toi-même, tu n’as aucune garantie que ce que tu crées va « marcher », il y a énormément de facteurs qui ne dépendent pas de toi. Par contre tu peux être certaine de rencontrer des obstacles, des difficultés et de l’intensité.

Dans ce cas la question ce n’est pas : « est-ce que tu préfères réussir en étant toi ou rater en étant quelqu’un d’autre ? ». Personne ne va consciemment choisir de rater en étant quelqu’un d’autre. Il existe d’ailleurs une forme de torture beaucoup plus élaborée : réussir en se faisant passer pour quelqu’un d’autre. La forme d’échec la plus déprimante à mes yeux.

La vraie question c’est : « Est-ce que tu es prête à te choisir, même quand c’est chiant, même quand t’as du caca sur les lunettes et que tu sais pas trop bien si tu avances ou tu recules, même si ça foire ? »

Ou bien : « Qui tu choisis comme guides : l’exigence et le long terme ou la peur et la fausse sécurité ? »

Jouer l’exigence et le long terme, ça va te demander de prendre cette décision radicale : je vais arrêter de me mentir et écouter ce que j’ai vraiment au fond de moi. Je vais m’ouvrir à mes ressentis et me laisser traverser par mes émotions. Je vais arrêter de chercher la certitude et les bonnes réponses partout pour laisser la place à mes intuitions et mes désirs. Même s’ils ne font pas toujours sens pour moi, ou qu’ils ne rentrent dans aucune des « 6 étapes de tous les business qui cartonnent ».

La semaine prochaine, je rentrerai plus en détail sur la place de l’émotionnel dans ton business, et comment tu peux utiliser ce truc mystérieux « qui je suis » pour poser les bases d’un business qui regarde plus loin que le bout de son nez et le prochain système infaillible à la mode.

Je te laisse avec cette citation tirée d’une lettre de Jane Austen à je sais plus qui et j’ai la flemme d’aller chercher parce que c’est pas le plus important :

 

« Je dois continuer avec mon style et à ma façon, et même si je ne rencontre jamais le succès à nouveau de cette façon, je suis convaincue que j’échouerai complètement avec n’importe quelle autre. »

Jane Austen

 

Laure


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