J’aurais des milliers de choses à te raconter sur cette expérience, notamment ce que j’ai appris de mon énergie d’artiste, comment préparer une intervention en public, ce que j’ai découvert sur le feedback et sur la puissance de l’entraînement. Il y a des sujets pour des dizaines de Love Notes et de vidéos (et je compte bien les produire toutes).

Pour la première fois, je suis montée sur scène, devant 50 personnes, pour réaliser un rêve : faire un one woman show. Vendredi, à 11h50, ma vie a basculé.

 

 

Les doutes

Monter sur scène et faire rire les gens, pour moi, c’est un rêve qui ne date pas d’hier. Depuis des années, des potes, des inconnus, des collègues, etc me disaient : « t’as jamais pensé à faire du standup ? » et je niais cette partie de moi. Ça m’agaçait même, j’étais bourrée de réponses toutes prêtes « non, le standup j’aime pas trop, c’est beaucoup d’artistes dépressifs je trouve ça glauque » (note : c’est vrai, il y a beaucoup d’artistes dans ce milieu qui utilisent le rire en fuite de leur tristesse, ou en déni de leur colère, et ça me fait mal de voir ça ou d’être dans leur énergie, mais bonne nouvelle : ça n’est pas du tout une obligation)

 

A quoi ça ressemble quand tu nies un talent aussi présent chez toi ? Tout le monde le voit et en profite, mais pas aux bons endroits, et avec une intensité tronquée. C’est comme si je faisais des one woman show depuis des années, mais seulement pour quelques potes, parce que c’est pas assumé. Et c’est tellement collé à toi que ça devient difficile de le reconnaître : ça ne peut pas être un talent, c’est trop naturel (mensooooooonge)

 

Quand mon coach m’a fait miroir de mon énergie d’artiste, au printemps, j’ai ressenti deux choses :

1. Une immense joie, genre cascade hawaïenne sur fond de verdure luxuriante, et

2. Un gros stop : je peux pas être artiste, j’ai jamais rien fait d’artistique, puis de toutes façons si j’étais artiste je le      saurais, c’est pas à 33 ans qu’on se découvre comédienne, n’importe quoi. Et puis oh, c’est pas parce que les autres voient quelque chose chez moi que je suis obligée d’y aller. Qui c’est la patronne ? hein! Si j’ai envie de rester une demie-portion de Laure Jouteau, merci de me laisser me nier en paix non mais !

 

J’ai donc tenté de négocier avec la réalité, comme je suis maline, j’ai commencé par vouloir mettre l’artistique au service de mon boulot. Je me suis dit que j’allais l’utiliser au travail, que j’étais pas obligée de faire du vrai standup, de toutes façons j’ai pas le temps. En fait j’avais une peur panique d’aller faire de l’art pour de l’art. Du « seulement » drôle. 
Heureusement, la panique ça me connaît, et je vais pas me laisser arrêter par ça. Le truc qui était allumé à l’intérieur ne pouvait plus s’éteindre. J’ai bossé, j’ai fait du déblocage de l’inconscient pour libérer ma folie artistique, et j’ai avancé petit à petit. Plus j’en parlais autour de moi, plus je sentais que quelque chose basculait : j’étais en train d’assumer, et d’afficher cette nouvelle partie de mon univers.

 

Ça ne s’est pas fait en une fois : depuis 3 mois que je prépare ce spectacle, je peux te dire qu’il y en a eu des aller-retour au pays du déni. Des bonnes excuses à gogo, pour ne pas aller vivre l’expérience.
J’ai tenté de tricher : si je fais une conférence avec un message de fond et quelques blagues, ce sera drôle et je sais déjà faire. De toutes façons mes cours de café théâtre commencent la semaine d’après, c’est pas grave si je me dégonfle, j’ai mis quelque chose en place quand même.

 

Mais je savais aussi que je serais déçue.

 

Il n’y a pas de raccourci pour l’expérience. Pas de pilule bleue, rouge ou multicolore pour échapper à l’intensité de l’instant.

Soit tu y vas, soit tu te racontes des histoires et tu n’y vas pas, et c’est tout.

 

C’est radical, l’expérience. Tu ne peux pas « être en train de monter sur scène ». Tu montes sur scène ou tu ne montes pas. Pareil pour ta boîte, pour tes offres. Tu y vas, ou tu n’y vas pas. Et à chaque fois que tu y vas, oui, tu as la trouille.

 

Je me souviens d’un pote qui a passé 10 ans à « faire un album de musique ». Il n’a jamais sorti son album (on n’est plus en contact maintenant, mais les dernières fois que je l’ai vu ce n’était pas le cas). Il peut se raconter qu’il est « en train de faire son album », mais la réalité c’est qu’il a les jetons et qu’il n’a pas avancé depuis 10 ans sur son projet. Et ça peut changer tout aussi radicalement, dès qu’il décide de le sortir.

 

Ya pas de sensation plus forte que vivre sa vie

 

C’est marrant, à quel point les gens cherchent des sensations fortes, en allant dans des manèges qui donnent la gerbe rien qu’à les voir tournoyer, en regardant des films ultra flippants, en se faisant peur… dans des cadres sécurisés. Et en même temps, peu de personnes vont aller affronter l’intensité d’être eux-mêmes. 

 

Vendredi devant 50 personnes, j’ai parlé de sexualité, d’humiliation, de suicide (ouais mes shows sont funs, n’hésite pas à pré-réserver ton ticket). Je n’ai pas essayé d’avoir un grand message de fond, juste de faire marrer les gens. C’était la plus grosse vulnérabilité pour moi. Je ne me suis pas planquée derrière les choses intelligentes que j’ai à dire, j’ai créé quelque chose de drôle. Le divertissement, c’est ma sortie de zone de confort. Faire rire parce que c’est beau de passer un moment entre humains. Point.

 

Ce que je veux te dire dans cette Love Note, c’est que oui, j’ai flippé. J’ai même passé deux semaines à me rajouter des tonnes de sources de stress pour avoir une bonne raison de flancher le jour J. J’ai toujours une partie de moi au moment où je t’écris qui se dit « bah non mais t’es pas artiste, déjà que t’étais pas entrepreneure et t’as quand même monté une boîte, tu vas pas nous refaire le coup une deuxième fois« .

 

Mais moi j’ai bien envie de refaire le coup. Le hold-up ultime. Vivre ma vie en partant de mes désirs et de ce qu’il y a d’unique chez moi, sans me préoccuper des cases dans lesquelles je rentre ou pas, ou de si j’ai le bon pedigree ou background pour y aller.

 

Le seul prix à payer pour ça, c’est de faire face à l’intensité et de continuer à bosser sur moi et sur mes talents pour que ma vie soit de plus en plus comme ça : belle, folle, imprévisible.

 

Dans Matrix, ils ont eu une bonne idée mais en fait la réalité est beaucoup plus flippante (et jouissive) : c’est pas la pilule rouge ou la pilule bleue. Ya pas de pilule, que des expériences à vivre, et ça devient pas forcément plus facile avec l’habitude. Mais tu choisis : soit tu réserves l’intensité pour les films du dimanche et les grands 8, soit tu plonges dans l’intensité de tes désirs, et là, il n’y a plus de règles qui tiennent. Mais putain que c’est bon.

L.


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