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8 choses auxquelles je ne m’attendais pas DU TOUT quand j’ai monté ma boîte il y a 3 ans

par | Avr 11, 2018 | Vie d'entrepreneur•e | 17 commentaires

Si tu es en train de t’ennuyer comme un rat desséché dans ton boulot, et que tu te dis « Yen a marre, je vais faire comme les autres et monter ma boîte, à moi la liberté, la vie glamour d’entrepreneur. Je vais enfin faire un truc qui a du sens pour moi, et gagner ma vie comme ça ! Youhou ! », cet article est pour toi. Il ne va pas te décourager, mais il va te donner deux trois trucs que tu devrais savoir. Tu pourras dire merci Tata Laure.

J’ai monté ma boîte il y a 3 ans parce que je ne voyais plus aucune façon de continuer en tant que salariée. J’avais l’impression de passer ma vie à jouer un jeu dont les règles m’échappaient et je m’ennuyais beaucoup. Je trouvais que tout le monde se donnait des airs super importants pour brasser beaucoup de vent. Je n’ai jamais compris pourquoi il fallait que je reste derrière mon bureau jusqu’à 18h si je n’avais pas assez de taf. Je n’ai jamais compris pourquoi il fallait que j’arrive tôt le matin quand il n’y avait pas de réunion et rien d’urgent, alors que je ne suis pas du matin. Je n’ai jamais réussi à faire semblant de m’intéresser aux réunions sans fin qui se terminaient souvent sans plan d’action, sans deadline, sans prise de décision. En fait, j’ai jamais compris les réunions.

Après plus de 10 ans à bosser, je ne savais toujours pas en quoi j’étais bonne, je n’avais pas d’idée géniale pour lever des millions, ni de vieille tante riche pour sponsoriser mes aventures. 
J’avais le chômage, une grosse envie de liberté, et les planètes s’étaient alignées pour que je prenne le risque. J’ai appelé ma société « Les Aventurières » parce que c’est l’esprit que je voulais lui donner : on ne sait pas où on va, mais on va faire en sorte que ce soit une belle histoire.

Est-ce que j’ai trouvé le sens de la vie professionnelle ? La réponse absolue une-fois-pour-toutes-on-en-parle-plus à toutes mes questions ?

Non. L’entrepreneuriat n’est pas une pilule magique. 

Voilà ce qui s’est passé depuis :

1. En trois ans, j’ai appris plus que je n’avais appris en 10 ans de salariat. J’ai appris beaucoup sur moi, j’ai développé des compétences dans tous les sens, et j’ai vécu une douzaine de vies émotionnelles.

Les années entrepreneure, c’est comme les années chien, ça compte pour 7.

J’adore apprendre, j’adore être challengée et j’ai éliminé tout ce qui me saoulait dans mon boulot précédent.
Je retrouve le plaisir et l’inconfort de la vie étudiante : je me sens stimulée et je ne me suis pas ennuyée une seule fois (quand je me fais chier ou que j’ai plus d’inspiration, bah je vais faire un tour, parce que c’est ma boîte et c’est moi qui décide).

2. Être entrepreneure m’a obligée à faire face à des tas de trucs qui était bien enfouis dans le confort du salariat.

J’ai du travailler mon rapport à l’argent. J’ai réalisé que mon syndrome de l’imposteure était vachement puissant et qu’il m’avait empêché de me développer et de faire ce que je voulais depuis des années. Quand t’es payée tous les mois, l’air de rien, tu te dis que tu dois pas être complètement pourrie sinon on finirait bien par te virer. 
Quand c’est toi qui doit aller demander aux gens de l’argent en échange de tes services ou de tes produits, ou fixer tes prix, il n’y a plus rien pour te rassurer. Tu es seule devant un trapèze qui s’appelle « Estime de moi », qui se balance vachement loin du sol, et c’est pas de bol, mais quelqu’un a oublié d’installer un filet.
En plus de tes peurs et de tes limites, tu vas te taper celles de tous les autres, et il va falloir être fort-e pour ne pas leur balancer un truc dans la tronche quand ils te disent : « QUOI ? Tu vas quand même pas demander ce prix LÀ ? », d’un air mi-offensé, mi-condescendant.

3. J’ai compris que le talent, c’est un mélange de passion et de persévérance.

En tant que salariée, je me demandais souvent si certaines personnes avaient le « mode d’emploi de la vie », parce que moi, honnêtement, je panais rien à ce qu’on attendait de moi. 
Je me disais – paresseusement – qu’il y avait des gens doués et les autres.
En devenant entrepreneure, j’ai appris que ce n’est pas vraiment ce que tu fais qui est important, c’est la passion que tu ressens. C’est elle qui te donne le courage de continuer quand c’est dur, c’est elle qui te nourrit, et c’est elle qui te montre la bonne direction.
C’est perturbant parce que ça va à l’encontre de tout ce qu’on t’a appris : qu’il faut travailler dur, se forcer, créer des cadres pour éviter le chaos, etc.
Le talent et le plaisir sont inarrêtables. Mais tu ne peux pas faire semblant. Il n’y a pas de raccourci. Il n’existe aucun test et aucune personne capable de faire ça à ta place ou de te dire ce que tu devrais faire. Ça se passe de toi à toi.
C’est très exigeant, la passion et le plaisir.

4. Mes émotions se croient dans un grand 8 à la fête foraine.

Ce weekend, à une fête de famille j’ai revu un mec que j’avais pas vu depuis des années. J’apprends qu’il a créé son entreprise alors, assez naturellement, on commence à discuter.

Moi : « C’est pas trop pénible comme des fois tu es super motivé, prêt à arracher tous les obstacles pour y arriver, et puis deux jours plus tard tu sais pas pourquoi mais t’en peux plus, t’es en train de chouiner sur ton chat en lui demandant « Mais qu’est-ce que je fous putain ? » »
Lui : « Et parfois dans la même journée… A quelques minutes d’intervalle »
Moi : « Tu reçois un mail ou une commande client et t’es en mode Je suis le maître du monde… »
Lui : « Puis tu reçois un rappel URSSAF que t’avais zappé et c’est retour à la position foetale sur le canapé. »

Peu importe le domaine, tu vas y passer.

5. L’incertitude est devenue ma voisine de pallier.

C’est même une voisine de palier un peu envahissante. Genre qui vient dormir blottie contre toi certains soirs en prenant toute la place dans le lit, et qui ne sonne pas avant de venir.
Tu as fait une année fantastique et ton comptable te dit que tout va bien ? Bam ! L’année suivante, sans que tu saches pourquoi, tout tourne au ralenti et tes prévisions ne marchent plus.
Tu as fait un lancement qui a cartonné ? Paf, la fois suivante, dans les mêmes conditions, ça ne marche plus du tout.

C’est exactement le genre de surprise de l’entrepreneuriat. C’est génial et excitant parce que tu ne sais jamais ce qui t’attend, tu te réinventes et tu évolues en permanence. Et c’est super relou parce que le mode pilote automatique n’existe plus.
Du coup…

6. L’entrepreneuriat est un professeur de lâcher-prise vachement plus exigeant que tous les moines bouddhistes du monde

Le cadeau que ton entreprise te fait, c’est de t’apprendre à travailler différemment. J’en suis à 3 ans et je peux honnêtement dire que je ne sais toujours pas quand un truc va marcher ou pas. Parfois je mets tout mon petit coeur dans un produit et il fait un flop, parfois je me dis que ça va foirer et ça cartonne au delà de mes attentes.

Tu es obligé-e de lâcher l’affaire si tu veux garder un semblant de santé mentale. Et c’est un cadeau extraordinaire, qui te sert dans beaucoup d’autres domaines : apprendre que tu ne contrôles pas tout, voire pas grand chose. Fais de ton mieux, au mieux de tes connaissances et capacités. Ta responsabilité commence et s’arrête là.

La bonne nouvelle, c’est que tes ratés sont des mines de sagesse. Quand ça marche, même si ça ne marche qu’à 65%, que tu es épuisé-e et sur les nerfs tu n’es pas super motivé-e pour changer ou évoluer. Tu ne veux pas perdre ce que tu as, même si c’est un peu naze.
Par contre quand ça foire, tu n’as plus grand chose à perdre, c’est le moment idéal pour expérimenter et changer.
Alors on dit merci aux moments de galère, ils sont peut être en train de t’économiser des années de médiocrité.

7. Tu ne seras jamais détendu-e… jusqu’à ce que tu décides de l’être

Spoiler alert : il n’y a aucun chiffre d’affaire auquel tu te sens légitime. Aucun nombre de clients auquel tu te sens rassurée. Aucune date anniversaire à laquelle tu te dis « ça y est c’est bon, ça marche ».

Je n’ai jamais été aussi stressée que quand j’avais 5 mois de trésorerie d’avance. J’avais l’impression que j’allais tout planter, que je n’allais jamais réussir à refaire le même miracle deux fois, que c’était la cata… Et puis j’ai effectivement laissé ma trésorerie se dissoudre petit à petit. J’étais moins stressée quand j’avais moins d’argent – il y avait des trucs à régler de ce côté là -.

Alors on fait quoi ?
Tu décides que tu es légitime, puis tu bosses de la meilleure façon que tu sais, et tu progresses en permanence. Tu choisis de te faire confiance pour rebondir, et tu arrêtes d’attendre la sécurité qui ne viendra pas. Tu te remplis de gratitude pour les moments où ça va, et tu essaies de passer les moments où ça va moins bien sans devenir aussi pénible qu’une punaise de lit.

8. Si tu essaies de monter la boîte des autres… n’essaie pas, en fait

Ça peut être tentant de regarder les autres, ceux qui ont quelques années d’avance sur toi, et de te dire « Je veux être elle/lui plus tard ».
C’est rassurant parce que ça donne l’impression qu’il y a un mode d’emploi, mais ça ne va pas marcher à moins que par un miracle absolu, tu fonctionnes exactement comme ta nouvelle idole (mais si tu as bien lu les 7 points précédents, tu pressens déjà que je vais te péter ta bulle de bonheur)

Personne ne peut te dire combien d’heures il faut que tu bosses, quel est le business model qui va te convenir, s’il faut embaucher rapidement, grossir, ou pas.
Il n’y a que toi qui sache. Et je préfère te spoiler tout de suite : tu vas te tromper. Tu vas réajuster, expérimenter, abandonner, recommencer et tâtonner.
Et ça pourrait même devenir ta partie préférée de ta vie d’entrepreneure.

 

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17 Commentaires

  1. Je suis 100% d’accord ! J’en suis à l’étape « déterminer mes tarifs » et…ouais…ce n’est pas facile de se demander « combien je vaux ? », « Si je mets autant, jamais je n’aurais de clients…et puis…est-ce que je les vaux ces X euros? »…foutu syndrome de l’imposteur !

    Réponse
    • Coucou Sarah, c’est déjà génial que tu reconnaisses ton syndrome de l’imposteure et pas une soi-disant « voix de la raison » qui t’amènerait à viser toujours plus bas.
      Bien sûr que tu les vaux, et sans doute beaucoup plus que ce que tu demandes. Vas y ! Au pire, tu apprendras plein de choses en chemin.

      Réponse
  2. Excellent, c’est tellement vrai et bon. Merci beaucoup

    Réponse
    • Merci !

      Réponse
  3. Incroyable article, merci pour les rappels !

    Réponse
    • Merci Loïc

      Réponse
  4. Super cet article ! Tous les entrepreneurs vont bien se reconnaître dedans !! 🙂 J’ai bien ri à la phrase « les années entrepreneures c’est comme les années chien, ca compte pour 7! » c’est tellement vrai !

    Réponse
    • Merci pour ton commentaire Laura !

      Réponse
  5. Salut Laure !!! MERCI !!!!
    J’ai le droit de te le dire ? J’ose alors : je te kiffe et sur-kiffe!!!
    J’aaaaaadoooore tes écrits, ton humour, ton naturel !!!
    L’auto sabotage a été une grande partie de ma vie, puis je me suis lancée au lance pierre (ouais avec des filets de sécu qd même ?). Je suis entrepreneuse coach de vie depuis plus d’un an maintenant.
    Le problème avec le lance pierre que j’ai remarqué, c’est la pierre elle fait plouf en général… Du coup ma saboteuse a re-pointée son pif, m’a obligé à reprendre un boulot salarié en parallèle. Non non non non mais c’est pas moi hein, c’est elle, et puis c’est mon chériroudoudou car il avait trop peur pour nos finances, ah bah oui parce que le chômage c’est une chouette invention mais c’est pas éternel non plus… bah oui quoi c’est pas de ma faute !!! ?
    Après mon plouf bien noyé, bah t’as plus ni le temps ni l’énergie pour ton activité, ma passion !!! Et ouais mais en fait je suis coach pour de vrai ou pas ? Tu te sens légitime d’accompagner les autres et de laisser l’autre trouillarde, chériroudoudou et tes pauvres excuses prendre encore le dessus sur ta vie ?
    STOP
    Et bah du coup je vais te mettre un bon pb de santé pour t’obliger à regarder les choses en face. Oui mes sinus ont parlé. Tu as déjà communiqué avec tes sinus Laure ? Tu sais quand y a une situation que tu peux « plus sentir » ???
    J’ai écouté mon corps, j’ai été opéré, je me suis posée et j’ai lâché prise pour de vrai cette fois. MAGIQUE.
    La pierre au fond de l’eau est devenue un p’tit bouchon de liège qui remonte à la surface et se laisse porter par le courant. Et ça commence à fonctionner. Je viens de rencontrer plein d’autres p’tits bouchons pour des partenariats. Reste à trouver mes clients… J’ai confiance.
    Merci à toi Laure, tes récits m’inspirent.
    Laetitia

    Réponse
    • Hello Laeticia, coucou Laure,

      J’ai checké les 8 points, pour l’instant j’ai bon partout, gnarf

      Laeticia : Ah ben ça me fait un bien fou de savoir ne pas être le seul (oui, je suis un homme) qui veut faire ‘comme un’ coach de vie. Je suis en phase de décollage de mon activité ‘MyNiceFamily’. l’avion est sur le tarmac, mais je cherche la piste de décollage en fait 😀

      Pleins de doute, pleins de je sais pas … mais j’en suis à la phase « on y va, on verra », à l’étape J moins 5 mois en fait 😀

      Bon courage à toi pour la suite, fais-le en tout cas, ne te laisse pas dépérir dans une entreprise. Tiens nous au courant !

      Bises à toutes

      Réponse
      • Merci pour ton retour, et plein d’énergie et de réussite pour ton projet !

        Réponse
    • Bravo pour ton témoignage et ta transparence. Et pour avoir choisi d’écouter ton corps plutôt que fuir et de continuer à t’éviter. J’adore l’entrepreneuriat parce que c’est vraiment un outil pour se reconnecter à soi.
      Ta saboteuse, c’est toi, c’est une partie de toi qui essaie de te protéger. Ça ne sert à rien de lui jeter des pierres ou de lui faire la misère, tu peux l’aimer. La peur et les doutes sont toujours de la partie, par contre plus tu fais des choix, moins ce sont des obstacles pour avancer.
      Plein de bonnes choses pour ton projet.

      Réponse
  6. Ca fait un bien fout d élire cet article ! Je suis au tout début de créer ma boîte et je fais du yoyo émotionnel car trop de choix dans les directions que je pourrais prendre….merci merci merci !!! Et puis j’adore votre style d’écriture 🙂

    Réponse
    • Merci Françoise. Pour éviter le yoyo émotionnel, prends bien le temps de clarifier tes objectifs et de travailler sur toi en même temps que tu développes ton entreprise. C’est une occasion géniale de te connecter à tes vrais désirs et de libérer toute la créativité et l’énergie sont en toi !

      Réponse
  7. Bonjour et juste merci. ? cela fait un an que je suis à mon compte et qu’ est ce que cela fait du bien de vous lire.
    Je pense que l on se reconnaîtra tous dans vos propos ?

    Réponse
    • Le plaisir est partagé !

      Réponse
  8. Merci beaucoup pour ces 8 points car je suis dans ce cas avec 5 mois d’existence et plein de doutes auxquels tu as répondu. Bref, je dois être plus à l’aise avec mes peurs afin de ne plus attendre que ça passe.

    Réponse

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