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Comment faire une critique constructive (sans briser des vocations)

par | Avr 3, 2018 | Créativité, Entreprendre | 2 commentaires

Les conseils que je donne dans cet article s’appliquent en particulier aux livres mais sont faciles à transposer pour les autres formes d’art

Ton amie s’approche, le coeur dans les yeux, la voix timide, et te dit : « Est-ce que tu pourrais relire mon roman ? ». Presque sans le vouloir elle ajoute « Enfin si tu as le temps, hein, te sens pas obligée. Dis moi juste ce que t’en penses. Si c’est nul hésite pas à me le dire je le prendrai pas mal. »

MENSONGE ! Elle veut absolument savoir, elle sera triste si tu n’as pas le temps et elle va carrément faire une dép si tu lui dis que c’est nul et que tu confirmes ses pires craintes.

De ton côté tu te sens honorée. Quelle chance d’être la première à poser les yeux sur un travail créatif, quel bonheur de pouvoir encourager la personne que tu aimes à assumer son don. Tu te vois déjà dans les remerciements de son discours au prix Nobel et là…


BAM. Tu DÉTESTES.

Et tu te demandes comment tu vas bien pouvoir annoncer ça à ta pote.

Si tu veux rester bienveillante et encourager ton amie, voici ce qu’il faut savoir :

L’objectif le plus important d’une critique, c’est de ne pas éteindre le feu créatif.

Ça te semble peut être réducteur, tu te dis « ah non, l’objectif d’une critique, c’est de donner les outils à la personne pour qu’elle s’améliore », ou « l’objectif d’une critique, c’est d’être réaliste pour que la personne ne se ridiculise pas si c’est nul ».

A ça je réponds : la meilleure façon de s’améliorer (et donc de ne pas se ‘ridiculiser’) c’est de continuer à bosser. Donc le but de ta critique, c’est que ta pote garde le feu sacré et continue à créer pour s’améliorer. Même si tu es persuadée qu’elle est tellement nulle à chier que ça ne donnera jamais rien. Ne sous-estimes pas le pouvoir de la persistence et du plaisir.

Il y a une idée reçue oh si cruelle sur la créativité : que c’est un espèce de don, le genre de truc que les fées posent sur ton berceau à la naissance ou pas.

Ce qui m’amène donc à répéter :
L’objectif le plus important d’une critique, c’est de ne pas éteindre le feu créatif.

Une critique acerbe te donnera peut être l’impression de faire une bonne action, mais c’est une arme d’autodestruction terriblement efficace : si le feu s’éteint chez ta pote, il s’éteint chez toi aussi. Réfléchis-y : si tu es hyper dure avec le travail des autres, comment pourras-tu t’autoriser à créer et sortir des choses toi-même ? 
Douceur pour les autres = douceur pour ton propre travail.

Ceci dit, si tu as envie de faire une critique « constructive » comme on dit, voici quelques conseils :

Critique positive, mode d’emploi

1. Commence par le positif

Quoiqu’il arrive, commence par dire ce que tu as aimé : tel personnage est génial, j’ai adoré ce chapitre, j’ai trouvé vachement intéressant le concept de …

Fais l’effort de trouver ce qui est positif et dis le. C’est comme ça aussi que la personne peut s’améliorer et s’accrocher.

2. Si tu veux critiquer, sois précise

Dis à quel moment tu as décroché. A quel moment tu étais frustrée et tu voulais en savoir plus. A quel moment tu n’as carrément pas compris ce qui se passait et tu as du relire plusieurs fois.

Dis toi que pour que la critique soit utile, il faut que la personne en face puisse en faire quelque chose. Des phrases comme « Il manque un petit je ne sais quoi de kaboom à ce personnage » ne vont pas aider ton ami-e à corriger.
« J’aurais voulu en savoir plus sur le passé de ce personnage : pourquoi il réagit comme ça ? Qu’est-ce qui le pousse à brûler la maison au chapitre 4 ? » sont déjà plus utiles pour aider la personne à creuser des points.

3. Ne prends pas tes goûts pour la généralité

Beyoncé remplit des stades de fans, elle pourrait aussi remplir des stades avec les gens qui la détestent (elle ne le fait pas, on se demande bien pourquoi).
Si tu n’es pas du tout fan du genre de musique ou de roman que ta pote écrit, c’est la logique même que tu n’aimes pas trop ce que tu as lu ou entendu.

Ma copine Aurélie Gerlach, qui est auteure jeunesse, a déjà eu droit à des commentaires du style : « Les romans drôles ça ne marche pas parce que personne n’aime ça ». 
C’est démotivant ET faux. 
Si tu n’aimes pas le style, dis simplement à ta pote que tu ne lis jamais ce style et que tu n’es pas la meilleure personne pour faire un retour. Et reste sur le point 1 : ce que tu as aimé.

4. Souviens toi que tout travail créatif demande une grande vulnérabilité : ne sois pas un troll dégueulasse sur internet

Un travail créatif, c’est un morceau très intime de toi, de ton expérience de la vie. C’est ton petit coeur palpitant sur un morceau de papier, avec un post-it « ne pas écraser » collé maladroitement dessus.

Si tu as déjà tremblé avant de prendre la parole, ou de filer un rapport ou un exposé quand tu étais en 5ème poussin, ou si tu as des bouts de romans ou de musique qui moisissent dans ton ordinateur parce que tu as les chocottes de les montrer à qui que ce soit, tu connais une minuscule fraction de ce que vivent les gens qui décident de montrer leurs créations au monde.
Parce que ton exposé sur les mantes religieuses (je ne comprends pas la fascination de ma génération pour les mantes religieuses mais elle était RÉELLE).

Ça vaut pour tout le monde : si tu t’apprêtes à laisser un commentaire moqueur, ou sarcastique et très intelligent sur le travail de quelqu’un d’autre ou le clip de Shakira, dis-toi que cette personne a eu beaucoup de courage pour être visible et créer ce qu’elle a créé, indépendamment de ce que tu en penses.
Je suis sûre que Shakira aussi, a passé des soirées à chialer en position foetale sur son parce qu’un sombre troll avait écrit « T’es vraiment trop nulle, vas mourir ».

5. Prends en compte tes émotions

Tu es aussi une personne humaine, tu es à la merci de tes émotions. Au moment où tu critiques le travail de quelqu’un, prends un instant pour réfléchir à tes propres sentiments : est-ce que tu ressens de l’illégitimité parce que toi, tu n’as jamais réussi à finir ton livre ou ton album ? Est-ce que tu ressens de l’amertume parce que tu as abandonné le dessin à 13 ans et que tu es persuadée que tu as raté ta vie de dessinatrice ?

Ne laisse pas ces émotions polluer ton retour. Dans le doute, soutiens la personne dans ce qu’elle fait.


6. Demande à la personne ce dont elle a besoin

Tu peux aussi, tout simplement, demander à la personne ce qu’elle attend de toi : est-ce qu’elle veut de l’aide parce qu’elle est bloquée sur un passage, elle craint qu’un perso soit superflu et elle veut savoir ce que tu en penses, ou bien elle veut juste être rassurée sur ce qu’elle a fait.
Tu gagnes toujours à savoir en avance ce que la personne attend de toi, et comment tu peux l’aider.

Bonus : Les fautes d’orthographes… c’est pas si grave

S’il-te-plaît ne fais pas la pote nazie du bescherelle qui renvoie le manuscrit avec des milliards de mini corrections en rouge. Si tu en vois et que tu as envie de te lancer là dedans, vas y, corrige, éclate toi, mais si ça ne gêne pas la lecture, épargne toi la correction de copie.

 

Et toi, est-ce que tu as déjà reçu des critiques qui ont « brisé ta vocation » ? Quels sont tes conseils pour faire des critiques utiles et positives ?

 

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2 Commentaires

  1. Bonjour Laure, bonjour à tou(te)s,
    Merci pour ce bel article! Je vais directement essayer de mettre ces conseils en application. 🙂
    J’ai été touchée par l’objectif premier, qui est tellement important à mes yeux, et par la délicatesse qui se dégage de l’ensemble de ton texte. J’ai été touchée également par la question de la douceur dans le discours et de l’effet miroir (si je te dis ceci, en fait, je me le dis aussi) et j’ai eu les larmes aux yeux aux environs du point 4 (oui, j’ai des cahiers remplis d’idées, des fardes remplies de partitions, et pas encore grand chose d’abouti).
    J’apprécie également la structure car cela me donne une grille claire et positive pour faire des retours aux demandes de mon entourage et cela me donne des idées supplémentaires sur la manière d’encourager mes élèves (je donne cours de musique).
    J’ai été un peu bousculée par le bonus, par contre. Les mots « nazie du bescherelle » m’ont dérangée. Sans doute parce que l’orthographe me semble importante (même si je prône sa révision dans le sens d’une simplification). Et que le mot « nazi » me crispe. Après, je pense que le point 6 est capital, si la vérification orthographique fait partie des demandes, allons-y, sinon, évitons-la. En fait, je crois que le problème à ce sujet est qu’il peut vite créer une relation hiérarchique (je corrige, donc je sais, je suis supérieure, ou j’en ai/crée le sentiment), alors que les attitudes de lecture et d’écriture sont différentes. Personnellement, je vais facilement remarquer les fautes dans un texte que je lis, ce qui ne m’empêchera nullement d’en faire un paquet quand j’écris. Et puis, il est possible d’utiliser une autre couleur que le rouge. 😉
    Sinon, oui j’ai reçu des critiques difficiles dans mon enfance, et après. Elles n’ont pas complètement brisé ma vocation mais je commence seulement à m’en sortir (j’ai 33 ans). Il me semble que l’on sous-estime souvent l’impact que peuvent avoir certaines remarques sur autrui. J’ai le souvenir d’avoir fait des dessins « trop pâles », écrit des poésies « un peu mièvres »,… Encore aujourd’hui, je montre peu mes productions car je suis hyper exigeante avec moi-même et que j’ai encore un peu peur des retours (mais de ce côté-là, je me soigne. 😉
    Si j’ai un conseil à donner aujourd’hui pour faire une critique positive, c’est: prends le temps! Surtout, ne lis pas le texte (ou n’écoute pas la chanson, ne regarde pas les dessins,…) avec l’auteur à tes côtés. Il est très probable que tu aies des réactions émotionnelles, qui, si elles ont un sens, ne sont qu’une facette de ton ressenti. Laisse décanter. Observe-toi. Puis reprends la liste de Laure. 🙂

    Réponse
    • Merci infiniment pour ton partage et ton conseil.
      Je suis aussi très attachée à l’orthographe, mais je sais que pour certaines personnes, elle devient une source de gêne tellement intense qu’elles n’osent plus du tout s’exprimer à l’écrit. Or, on s’améliore en faisant.
      Dans la hiérarchie de mes priorités, je préfère encourager quelqu’un à parler, mêmes s’il y a des fautes, plutôt que d’insister sur ça au risque de bloquer l’expression. Et puis, soyons honnêtes, même les nazi-es du bescherelle font des fautes 😀

      Réponse

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